danbrest
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J'explique : Pour écrire il faut écrire, écrire beaucoup, souvent, lire aussi, examiner, enregistrer, beaucoup travailler, mais aussi s’exprimer en toute liberté.
L’idée arriva un jour, comme ça, que je pourrais écrire tous les matins pour parler de tout ce qui se passe dans ma vie, à cause, principalement, de ma participation à un Atelier d’Ecriture qui m’a permis de prendre la plume pour raconter, décrire, construire des sonnets, des pseudo-quenines à la Perec et autres choses. Bien que je sente mes ailes créatrices se mettre à pousser, il me manque beaucoup de travail ou d’organisation intellectuelle pour faire des romans.
Je ne sais pas si un jour j’en serai capable. Des petites fictions, oui, des récits et des observations dans le bus, aussi. Je m’en contente bien pour l’instant. Je le dis pour les éventuels jeunes qui oseraient me lire, c’est bien de commencer tôt à lire beaucoup de livres. Ce ne fut pas mon cas. J’aimais lire, dès que j’ai su le faire aisément, mais, prise par l’histoire, je ne vivais pas tant que mon livre n’était pas achevé. J’avais la tête ailleurs, et puis maman n’aimait pas que je lise trop car ne je faisais pas mon travail à la maison. Je n’aurais pas dû me laisser influencer et il aurait fallu m’organiser autrement. Ce n’est pas la télévision qui gênait puisque No TV dans ma jeunesse. « Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. » dit Marcel Proust et « Qui ne se souvient comme moi de ces lectures faites au temps des vacances, qu’on allait cacher successivement dans toutes celles des heures du jour qui étaient paisibles et assez inviolables pour pouvoir leur donner asile… Puis la dernière page était lue, le livre était fini. Il fallait arrêter la course éperdue des yeux et de la voix qui suivait sans bruit, s’arrêtant seulement pour reprendre haleine, dans un soupir profond. » Marcel Proust dans ses œuvres me donne comme une petite pointe d’envie au fond de moi. Il écrivit, dans un français impeccable et avec un style qui me parle bien, des détails de sa vie avec des mots… justes et merveilleux. C’en est éproustouflant ! A cause de cette négligence de lecture dans le passé, je reconnais avoir un certain manque de vocabulaire (les mots compliqués), une absence totale de culture philosophique et littéraire telle qu’elle est enseignée à l’école, et une ignorance crasse des formules mathématiques qui émaillent certains ouvrages intelligents que j’ai pu lire en dépit de toute mon inculture.
Ce qui me sauve c’est l’intérêt que je porte à la sagesse orientale, à la culture du bonheur, à une certaine philosophie, à l’observation tendrement intelligente de tout ce qui m’entoure, ensuite et peut-être, ma verve acidulée et franche, mes points de suspension qui en disent long, et mes parenthèses parfois exagérées (ben, voyons) qui font de ce livre (j’ai dit « livre ») quelque chose de plutôt plaisant. N’étant plus toute jeune, (pas complètement vieille pour autant) quiconque me connaît peu ou prou réalisera que je n’ai pas dû beaucoup réfléchir précédemment sur ces deux phrases. J’ai trop souvent eu la peur de marcher sur les plates-bandes des autres (qui se défendaient bien pour que je ne le fasse pas). Donc, pas de création possible, à moins d’avoir un Pygmalion. Et je n’en ai jamais eu, sinon, ça se saurait. Donc, aujourd’hui, forte de mes pensées zen (*), lassée de perdre, peu à peu, tous mes pauvres dons (et j’en ai eu, non des moindres), je prends dorénavant la plume, même à mon âge que je juge canonique mais avec toute ma jeunesse de style, et je parlerai de tous mes matins au jour le jour pendant quelque temps. Pour écrire, il faut écrire disait Blanchot. Pour être heureux, il faut écrire dirais-je. Et le bonheur est essentiellement le but de la vie. De la mienne, c’est sûr.
Là, aujourd’hui, je me suis regardée dans la glace, alors que jusque là j’avais horreur de ça (j’y vois ma mère à mon âge), je me suis donc regardée en face et j’ai dit : - Voilà, c’est bien toi qui es là. Ce n’est personne d’autre. Je me suis souri, comme à une amie. Et j’ai dit à mon image : - Vas-y, chère âme, fais ce que ton cœur te dit. Ce que tu écriras ne sera peut-être pas l’exacte vérité. Ce sera ta vérité embellie par ta vision des choses. à suivre... *
Votre attitude crée votre réalité » « nous pouvons être en enfer ou au ciel selon notre attitude devant les choses de la vie »







