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30.04.2008
Folles d'enfer en avril
Un samedi soir au Théâtre de l'Instant à Kerinou à Brest
le 12 avril 2008
LES FOLLES D'ENFER DE LA SALPETRIERE 
Visages blêmes
inexpressifs
Des robes
impersonnelles
pâles
de bure.
Cheveux
ébourriffés
tignasses
expressives
folie
de la différence.
Voix
des conteuses
comptage
des groupes
des folles
des noms
des âges
des faits
des âmes.
Tristesse d'avant.
Existe-t-on mieux aujourd'hui ?
Parmi les femmes, figurantes funèbres, il y a... ma soeur.
J'ai cru voir le visage de mon père, disparu, ou bien l'ombre de sa soeur... morte.
Impressionnant.
Pour finir, la joliesse des sculptures, comme des bougies de toutes tailles, couleurs différentes.
En guise de flamme, une petite tête blanche, enfantine. Emouvante flamme blanche avec des yeux, une bouche.


"Désormais je prend mon rang de vivante
Comme une graciée
Candidate à la Chance du Matin
Mais parmi les Morts marqués"
Emily Dickinson
Mise en scène de Geneviève Robin avec Soizig Ugo et Claudie Quemper en récitantes.
Couturières : Guillemette, Alice, Gisèle, Marion, Jeanne, Marie-Thé, Yvonne, Renée, Marie-Jo, Christiane, Camille, Marie-Louise, Monique. (J'ai aimé les costumes).
Les interprètes venaient du pays de Morlaix. (Dont ma soeur).
Sur Internet :
Un lieu: la Salpêtrière
À Paris, boulevard de l'Hôpital (XIII° arrondissement).
En 1656 sur l'emplacement d'une fabrique de poudre, Louis XIV âgé de 17 ans fit fonder un hôpital général pour les indigentes.
On y adjoignit une maison de force pour femmes qui fonctionna jusqu'en 1794.
Aujourd'hui, dans le cadre d'un C.H.U. (Pitié-Salpêtrière), la Salpêtrière continue à avoir une orientation neuropsychiatrique.
Un auteur, un sculpteur: Mâkhi Xénakis
Son père est le compositeur grec Iannis Xenakis.
Sa mère est l'écrivain Françoise Xénakis.
Elle, c'est Mâkhi Xenakis.

Elle étudie l'architecture avec Paul Virilio, crée des décors et des costumes pour le théâtre. Elle travaille parallèlement dessin, gravure, écriture et sculpture.
Un histoire terrible du grand enfermement
Pendant deux siècles, toutes les femmes dont la société ne voulait pas, ont été arrêtées, entassées, mélangées, maltraitées à la Salpetrière jusqu'à ce que Pinel en 1795 pose le principe que la folie n'est pas incurable. On y enferma pêle-mêle
les femmes mendiantes mais aussi de plus en plus les filles de joie, les folles, les orphelines, les libertines, les protestantes, les paralytiques, les crétines, les juives, les impies, les criminelles, les ivrognes, les mourantes, les sorcières, les mélancoliques, les aveugles, les adultérines, les homosexuelles, les épileptiques, les voleuses, les magiciennes, les convulsionnaires, les senties, les idiotes, les cartouchiennes, les dépravées, les intrigantes, les érotomanes, les filles gâtées, les suicidaires, les bohémiennes, les filles grosses, mélangées, entassées vieilles, jeunes, enfants, la confusion des genres, les familles, les voisins les maris demandent, dénoncent,
le roi signe,
la police rafle,
la Salpetrière se construit, s'organise, s'agrandit de siècle en siècle,
le plus grand lieu d'enfermement des femmes
Un livre
Invitée à créer des sculptures pour la chapelle Saint-Louis de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, Mâkhi Xenakis exhume des manuscrits totalement inédits et s’immerge dans les archives de l’Assistance publique pour laisser venir à elle l’esprit des lieux
laisser venir les images
laisser venir leur présence
reconstituer des fragments de leurs vies
doucement
traverser les siècles
croiser ces milliers de femmes oubliées
croiser Manon Lescaut
Jeanne de Valois
Colbert
Madame de Sévigné
le docteur Pinel
Géricault
Entre les mots de Mâkhi Xenakis bruissent les cris de ces centaines de milliers de femmes enfermées là depuis Louis XIV jusqu’à Charcot.
19:10 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : douleur, enfermement, folie, différence
23.04.2008
Je suis fan de...

Ecrit un mardi matin... après l'orage... ou un week-end difficile...
L'expérience. Apprentissage de la vie.
Je ne referai plus ça. Comme ça.
Ce n'est pas supportable.
Et c'est bien. Retour à la solitude. Nécessaire. Bonne.
Pourtant...
Un couple de vieux. Calmes dans leurs habitudes. Les gestes d'habitude.
Les mots répétitifs. Rituels.
J'ai trouvé bien. C'était à la télé. Mais c'était dans "Derrick".
Des Allemands. Sobres.
Charmants vieillards faits de gestes. Tendres. Evocateurs.
Peu de mots. Mais utiles.
La porte se referme sur eux. Ils sont deux. Ils sont bien.
Pleins d'expérience à deux. Rare.
Derrick a fait un baise-main à la vieille dame en la quittant. Emotion !
(je suis fan de Derrick, si chic, si classe - Bizarre ? Tant pis ! ) 
Aujourd'hui, j'ai dormi devant la télé... et Derrick. Dommage. En ce moment, Derrick change d'âge tout le temps. Je pense qu'ils choisissent les épidodes selon un mode qui leur est propre. Je le préfère jeune, bien sûr. Quel bel homme ! Sans ses lunettes, surtout.

15:15 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : plaisir, policier, Allemand
03.04.2008
Nouvelles de moi avant de dormir
Je range, je range. Je trie. Je tripatouille. Je jette. Je garde. J’organise.
Et je trouve un cahier. Bizarre. C’est moi qui ait écrit dedans. Je ne me reconnais pas. Pourtant si. C’est corrigé, recopié, recorrigé. C’est moi, quoi.
J’ai mis un titre : « Une étoile pour éclairer mon chemin ». C’était à une époque pas très éloignée où j’avais un cahier pour écrire ce qui me passait par la tête tous les matins. C’est ça.
L’impression d’être un peu folle. Et puis, je découvre les mots, que je comprends, avec lesquels je suis encore d’accord. Bien que j’ai changé entre temps. Je m’étonne un peu, quand même.

Une étoile pour éclairer mon chemin
Besoin de toi
Besoin de vie
Je m’aime pas
Je n’aime rien
Je le sais bien
Mon ennemi
Il est en moi
Alors, pourquoi ?
Faut choisir
S’oublier un peu
Vient le désir
De faire mieux
Faire le point
Du bonheur aussi
Aimer et puis
Savoir qui je suis.
Besoin de toi
Ô mon étoile
Je serai bien
Si tu éclaires mon chemin.
Lorsqu’on s’aime réellement, qu’on s’approuve et qu’on s’accepte tel que l’on est, alors tout fonctionne dans la vie.
C’est comme si de petits miracles surgissaient de partout !
J’ajouterai que vient après, ou en même temps, l’amour pour les autres, et l’acceptation des autres. Miracles en vue, aussi.
A plus,
23:31 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : penser, aimer, moi, autres







