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06.06.2008
Deux jours à tuer
Aujourd'hui est un jour pour moi. Rien de prévu. Sauf :
- acheter des chaussures blanches pour marcher en ville
- faire mon shampoing colorant, mes racines sont immondes.
Rien que d'avoir, au moins, ces deux projets superficiels et non vitaux, je me sens dans un état de bonheur.

Hier ? Je n'avais que l'atelier de cuisine précédé des révisions nécessaires sur la diététique. C'était bien. J'avais mémorisé des choses importantes qui m'avaient frappé, en fait.
J'étais mieux grâce à la reprise de mes antidouleur. État bienheureux et douleurs en train de disparaître.
Seul problème physique, le cœur, et les essoufflements lorsque je marche trop vite.
Comme j'étais bien, j'ai voulu aller au cinéma pour un autre bonheur.
Je me suis décidée, comme ça. J'avais vu la bande annonce sur l'ordi et j'ai été conquise.
"Deux jours à tuer" avec Albert Dupontel, cet acteur si naturel. Pas spécialement beau, mais irrésistiblement touchant.
J'ai adoré !


Habituellement, j'ai du mal à me traîner au cinéma. Ce n'est jamais le bon jour, ni la bonne heure. Alors ne n’y vais pas souvent.
Les sous c'est moins important. Je suis capable de me priver de nourriture terrestre pour privilégier une nourriture de l'esprit ou du cœur (si je peux utiliser ce mot pour les sentiments sans penser à ce foutu muscle qui m'embête).
Le personnage : Antoine alias Albert Dupontel.
Je savais d'avance qu'il y aurait de superbes paysages qui se sont trouvés être des paysages d'Irlande (merveilleux).
Antoine prend un auto-stoppeur et le débarque à Valognes en Normandie. Je me crois en Bretagne. Cela ressemble fort.
Il prend le bateau pour l'Irlande avec sa voiture.


Les couleurs d'Irlande semblent irréelles sur les cartes postales. En fait, les couleurs impossibles sont réelles. Je le sais. Et c'est vrai que ces images me semblaient familières. Et cela m'envahissait complètement me faisant toucher du doigt un bonheur que j'avais oublié ces derniers temps. Je ne pensais pas possible d'être bien.
Quant à l'histoire, sans vouloir tout ramener à moi, j'ai pressenti (sans le savoir) la vraie raison d'Antoine qui disait à chacun sa vérité.
La vérité est quelque chose d'impossible mais dire aux proches leur vérité c'est plutôt leur présenter la facette que l'on voit d'eux. C'est une tentation qui peut arriver à un moment de sa vie. Je n'en étais pas choquée. Je comprends, même. Même si toute vérité n'est pas bonne à dire. Quoique !
Enfin, oui, je comprends. Ou on parle, ou on s'éloigne. Et en fait, on s'éloigne plutôt.
Antoine est parti, après des mots durs et définitifs avec ses proches pour rejoindre son père en Irlande. Père parti depuis très longtemps. Etc... Bien sûr, le père reçoit les mots qui lui revenaient.
Et puis, arrive l'inattendu, l'indicible craquelure qui dévoile la vraie vérité dans le décor simple et rustique de la petite maison anglo-saxonne au confort rudimentaire.
Fait pas chaud, l'eau est glacée, mais le fils se remet entre les mains du vieux père (Pierre Vaneck, superbe)

Père, qui, à une époque est parti pour ne pas faire de peine... en parlant. Vivre avec les autres n'est pas toujours chose facile.
La fin est émouvante. J'ai craqué, pleuré, presque sangloté. J'étais seule dans la salle, sans le savoir. Puis, j'ai attendu presque la fin du générique pour me lever, me redresser douloureusement.
En même temps, j'étais comme neuve. Le coeur ouvert. Pleine de moi. J'ai pensé à la mort. J'étais triste... mais humaine.
00:15 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : maladie, bonheur, cinéma, Dupontel, Irlande
Commentaires
Merci pour ce récit d'un coeur simple.
Ecrit par : Paulrec | 06.06.2008
Merci pour votre appréciation.
un coeur simple
qui ne se complique pas trop la vie
Ecrit par : danbrest142 | 06.06.2008







