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26.06.2008

le bonheur dans la vie

J'ai piqué cette note de mon blog dans Psychologies.com que j'ai abandonné depuis quelque temps. C'était en avril 2008 : 3bc9545fa72fcd03b5fb4c4d69f84c25.jpg
"Il peut arriver à chacun de se sentir, intérieurement, comme s'il traversait des déserts arides (ah là là, c'est tout moi ça, par moment) : il n'a plus le goût ni le désir de quoi que ce soit (oui, oui), tout lui devient fade, étranger, vide. Cet état est le plus grave dans lequel un être humain puisse tomber. Le plus grave, ce n'est pas de subir des échecs, d'être malade, ruiné (tout va bien jusque là, je me sens bien, malgré que j'ai presque eu tout ça), mais de ne plus avoir d'amour, d'élan, de foi, de perdre le sens de la vie. (Le sens de la vie, oui, c'est une excellente idée). Il faut donc penser à préparer en soi-même les éléments indispensables pour affronter ce genre de situations."
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La personne qui a écrit ce texte est O. M. Aïvanhov, un sage originaire de Bulgarie qui est mort depuis pas mal d’années. J'aimais beaucoup ses cheveux et barbe immaculés, son allure, quoi ! En fait, ses pensées d'une page pour chaque jour sont souvent formidables. Il a un énorme bon sens, et beaucoup de spiritualité. Je ne suis pas exactement d'accord avec sa théorie de la réincarnation. Donc, je zappe dans ce cas-là. Mais souvent ses conseils sont très forts. Donc difficiles.

Mais enfin, la facilité n'est pas ce qu'il y a de mieux. Cela me fait penser aux pensées Zen que j'ai étudiées il y a quelques années. C'était une autre façon de voir les choses. Je passe. Et puis, je suis retombée dans un livre de Jacques Duquesne (un vieux, quoi) qui m'a beaucoup plu il y a quelques années. Je parle du livre. Je l'avais laissé, oublié, et puis... je le retrouve. Je cite : 'Albert Camus... a dit quelque part : - Si j'avais à écrire un livre de morale, il aurait cent pages. Quatre-vingt-dix-neuf seraient blanches et sur la dernière j'écrirais : "Je ne connais qu'un seul devoir, c'est d'aimer..." '1240ad78549559f036f1c28af9858d12.jpg
Andrée Chedid, dans un très joli poème, donne peut-être la recette. Il faut toujours être aux aguets, prêt à recevoir, à accueillir, à saisir toutes les bontés de la vie. Ce poème a pour titre, justement, "Saisir" :

Recueillir le grain des heures
Etreindre l'étincelle
Ravir un paysage
Absorber l'hiver avec le rire
Dissoudre les nœuds du chagrin
S'imprégner d'un visage
Moissonner à voix basse
Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Écouter l'océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire des miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d'amitié.


Celui qui sait ainsi cueillir les roses de la vie n'aura rien à regretter quand viendra son terme, constatait Claude Roy, deux ans avant de mourir : Je sais bien que tout ça est un peu mélancolique et pourtant je sais que si le temps me verse à la fin comme il est normal et pas vraiment injuste dans le cadre de réserve des anciens combattants je garderai un bon souvenir de tout le velouté du monde la peau des abricots les joues des jeunes filles l'odeur de la lavande la langue toscane de Dante le français de Maître François Villon et la fourrure de mon chat qui ronronne près de moi.

Jacques Duquesne dit qu'aimer la vie permet de regarder la mort en face. Et il raconte les derniers moments de Jenny l'amoureuse d'Oliver Barrett IV dans "Love story". Je ne l'ai pas lu, mais j'ai beaucoup entendu les mots à la radio. Le chapitre sur l'amour de la vie finit avec ça : " Merci Ollie. Ce furent ses dernières paroles." Elle semblait si vivante lorsqu'elle parlait avec Oliver. J'ai été surprise. Mais la mort c'est ça. Cela arrive d'un coup, quand le moment est arrivé et que tout a été dit. (Je pense aussi à Chantal Sébire. Les dernières images que j'ai vu d'elle, j'ai pensé : comme elle a l'air fatiguée, usée, au bout du rouleau. Il semble qu'un souffle peut la faire tomber. Aussi gringalette qu'elle était, je n'imaginais pas qu'elle puisse durer longtemps. Et j'ai pensé que c'était un peu tard tout ce tintouin à la télé et dans les journaux. Bizarre !

A plus.

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