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14.07.2008
Brest 2008 de chez moi
Une certaine flemme ajoutée à un contretemps physique (chute dans l'escalier) qui me donne des difficultés à marcher, et je profite de la fête des bateaux de ma fenêtre ou sur Internet ainsi que dans le journal.

Pendant que le défilé du 14 juillet se prépare à Paris, Brest se remet de sa nuit de fête avec les bateaux. Mais je n'en suis pas, car un problème de jambe m'empêche de trotter sur les quais du port. J'aurais aimé visiter la rive droite et traverser vers le port de commerce.
J'ai cherché dans mes vieux textes de quoi parler de la mer de mon enfance, et puis aussi de Brest 2004 avec mes textes du style Atelier d'Ecriture. J'aime bien.
Je regarde aussi chaque jour la vidéo d'Olivier de Kersauzon, et je le félicite pour sa simplicité et ses coups de coeur très sincères. Du coup j'ai pensé à mes textes sur la mer de mon enfance, et j'espère faire un petit recueil (pour moi) de ces petits écrits précieux sur l'approche de la famille avec la mer, les bateaux plus rarement, mais le sable, les petits coquillages, les colliers de bigornaux jaunes.
A plus...

Marin (texte écrit pendant Brest 2004)
J’avais lu quelque part (Hugo peut-être ?) qu’un marin ayant l’habitude de vivre au milieu d’éléments déchaînés avait une force tranquille et un équilibre psychique évident.
Finalement, c’est une raison supplémentaire pour lui d’aimer perdre le nord dans des noyades alcoolisées pour cause de terre ferme. Ceci explique cela, et aussi les bordées fêtardes des marins en goguette.
Pourquoi parler de ça ? Parce que ! « Parce que » est mon nouveau mot assez inexplicatif après avoir usé le «quoique ». Voilà. Ou bien parce qu’une vague chanson de fêtards m’est parvenue, tout à l’heure, à travers mes double-vitrages, entre un bruit de voiture et un claquement de portière.
Je crois que je m’égare. Sans excuser le débordement éthylique, je comprends la chose - moi-même n’ayant pas toujours été raisonnablement sobre autrefois. Mais je ne suis pas là pour raconter ma vie et d’éventuelles turpitudes de mon passé. Peut-être est-ce la proximité des 2000 navires (à ce que je sais) dans le port et ses environs qui me guident ou m’inspirent. Peut-être. De toute manière je ne retire rien de ce que j’ai dit car je sens la douceur de cette nuit, et j’imagine tous ces gens qui dormiront dans le ventre des bateaux flottant sur l’eau près des bassins et des quais du port Napoléon III ou dans le port de guerre, fatigués de la journée et des précédentes nuits trop courtes.
Quelques craquements pétaradants des feux d’artifice ont fusé tout à l’heure, puis se sont tus. Les bars doivent être encore illuminés, pleins d’odeurs et de musiques. Chacun oublie, dans l’ivresse des vins et de l’accordéon, ses soucis de la journée. Je ne regrette rien. J’ai ma douceur de vivre et mon oubli suave dans la chaleur de mes draps. Le chat dort à mes pieds, sa tête ronde pleine de rêves sages. Il ne faut pas le réveiller. Chut ! l’innocence sommeille.
Il est presque minuit. Tiens ! mon voisin du dessus est rentré.


Avant et après Brest 2004, dans le bus :
Lundi 5 juillet. 7h55
Le chauffeur dit bonjour, ce matin, à chaque personne qui monte. Rare. L’homme est sympathique avec un visage bronzé un peu granuleux mais qui se laisse regarder.
Peu de monde. Calme est l’ambiance. La tendance est de regarder dehors. La ville paisible se réveille. Certains magasins ont des lumières pour attirer l’œil. Particulièrement les banques, guichets automatiques, vitrines encore illuminées. Tiens ! Des soldes géantes à Monoprix ! Quelqu’un y entre déjà. Portail automatique. Clic ! Clac ! Mais je ne l’entends pas.
Dans le bus tout est paisible. Une femme assise, les deux mains l’une sur l’autre sur les genoux, comme dans un tableau de… je ne sais plus. Elle a l’air serein.
Peu de mouvements. Douceur d’un lundi matin de juillet. Tiens ! Nous sommes déjà en été.
Le soleil est là, le bus traverse la ville sous un ciel bleu où traînent quelques nuages sympathiques n’annonçant rien de grave. Journée tranquille, température douce, pas de vent.
Jeudi 8 juillet. 15h
Bus bondé. Dehors, les voitures et un bus bizarre tout jaune, maquillé pour Brest 2004. On croirait qu’il est aveugle.
Il y en a un, particulièrement voyant, jaune bien sûr, décoré sur le côté avec une feuille du Télégramme parlant des bateaux. C’est énorme, effrayant. Les gens à l’intérieur, on ne les voit pas. Eux doivent voir la ville à travers la couleur jaune vif. Ça donne envie d’y aller, mais pas de chance pour l’instant, je n’en ai pas l’opportunité.
Il y a du vent, beaucoup de vent ; hier il a plu ; en une journée il a plu autant qu’en un mois a dit la météo.
Un monde fou dans le bus, mais rien ne se passe de spécial. C’est l’été sans le beau temps. A quand le prochain rayon de soleil ?
Brest est cependant prêt à accueillir les bateaux de toutes sortes. Il est certain que les marins s’en fichent du manque de soleil. Ça a toujours été comme ça les autres fois : le beau temps est arrivé pendant la semaine. C’est ça Brest !
Mardi 20 juillet. 15h45. (la fête est passée)
Une grosse pluie d’été m’incite à monter dans le bus. Beaucoup de jeunes, très jeunes, et un groupe d’enfants multicolores et joyeux. Je vois un sourire. Un de ces fins sourires narquois avec les yeux du même acabit, plissés et glissant dans une direction. Celle d’une femme assise devant moi. Je vois sa nuque. Sans être vieille elle a des cheveux blancs permanentés.
Elle se lève lentement, très lentement. Les yeux moqueurs suivent le mouvement. Je vois des pieds dans des charentaises. Elle, elle est grande et ses vêtements semblent plutôt du genre pyjama matelassé avec une veste informe de toile par dessus. Son visage blanc est impressionnant. Ses yeux presque clos et les dents cariées et ébréchées, elle semble sous l’emprise de drogues ou d’alcool, ou les deux. Elle va descendre du bus, lentement, très len-te-ment sous le regard du jeune curieux.
Il y a le meilleur et le pire dans les bus. Le meilleur étant la jeunesse, les enfants avec leurs mamans, le pire était là, aujourd’hui : la solitude paumée dans une galère sans nom. Que faire devant ça, sinon en parler ?
Triste jour. La pluie ? Pas grave.
12:20 Publié dans Ma ville | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : mer, fête, bateaux, Brest, atmosphère
Commentaires
La fête est là, qui danse, qui chante..
Les yeux pétillent, pas que les yeux..
Pas de chat à mes pieds, mais le confort de la couette..
Moi non plus, je n'y suis pas allée...
Je trouve toujours quelque chose de mélancolique dans ces grands rassemblements de foule..
Cependant, assurément, il y a de magnifiques bâteaux !
Bonne nuit Dan. "Répare-toi" bien !
Ecrit par : Danaussi | 16.07.2008
à Danaussi
Les commentaires sur mon blog sont rares mais si précieux.
Merci pour ton commentaire sympa et poétique. Tu as raison pour la mélancolie. Bon, j'ai été à Brest 2000, un samedi après midi, il faisait beau et j'ai bien apprécié. Depuis, je me souviens et je reste chez moi.
De ma fenêtre j'ai vu quelques bateaux.
A part ça je me répare en faisant attention. Chaque fois que je marche je reviens pleine de douleurs.
J'ai un petit mot dans mon cahier du jour sur la question et je suis décidée à en venir à bout. En douceur. Mon médecin part en vacances et je me retiens pour ne pas lui demander la tonne de louzous dont je pense avoir besoin. Devenue accro et ce n'est pas bien. Je vais refaire comme avant, médecin par moi-même. Sauf pour le cholestérol et les pb de coeur. Dur de vieillir, en fait.
Ecrit par : danbrest142 | 16.07.2008
"Dur de vieillir"....
Allez Dan garde le moral !
Je connais des tas de gens qui ne vieilliront jamais.... Nous n'avons guère le choix : C'est vieillir ou partir ! Alors autant vieillir tu ne crois pas ?
Bonne après-midi ensoleillée !
Ecrit par : Danaussi | 17.07.2008
Merci chère toi, d'ailleurs il y a un film aux Studios qui parle de ça (il me semble).
C'est vrai qu'il y a des jours où je préférerais quitter ma peau de douleurs, mais pour trouver quoi ? Pas envie de désespérer éternellement si c'est vrai ce que l'on dit dans certains endroits, alors, je dois vieillir sereinement et faire ce que je peux. Pas plus. J'ai deux soeurs très dissemblables et l'une a déjà le parti de vieillir bien et utile. Je vais faire comme elle, je pense. C'est mon choix, pour le moment.
Ecrit par : danbrest142 | 18.07.2008







