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20.07.2008

Un temps pour flâner

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Ah, le temps ! Il ne fut pas mauvais, mais le soleil a fait beaucoup grise mine.
Heureusement, beau soleil pour le départ du tour et pour le déplacement des bateaux vers Douarnenez. Mon âme de Brestoise en fut bien contente. On a sa fierté dans la région.

Je dis souvent que pour marcher dehors le ciel nuageux n'est pas un mal, on a moins chaud. Et je crois que le plafond gris n'a pas gêné Brest 2008 ni le début de la fête à Douarnenez. Depuis le soleil s'est pas mal rattrapé.

Alors que faire si la plage ne semble pas l'endroit idéal ? Les trottoirs sont envahis de touristes parlant des langues étrangères. Cela dépayse, et j'aime beaucoup me dépayser.
J'aime bien les beaux magasins et comme je ne marche pas trop bien ni trop longtemps je fais la rue Jean Jaurès, tout près de chez moi. Et je passe souvent dans un magasin repris depuis plus d'un an par une charmante personne que je connais.

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Elle aime les pierres naturelles, les belles choses en général et les bijoux en particulier. Que ce soit en hiver ou en été ses écharpes sont splendides. En ce moment, elles sont chatoyantes, légères. Les chapeaux d'été ou de cérémonie sont seyants. Je voulais dire mettables, car je suis difficile sur le sujet, regrettant mon jeune temps où j'aurais pu mettre un "chapiau" sur la tête. 955647e5dbb5921e039d389bf908a65f.jpg
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Il y a des bijoux somptueux mais aussi de très beaux colliers tout simples en nacre ou matière synthétique. C'est le seul endroit où l'on trouve des colliers de pierre semi-précieuse ou de l'ambre à côté de bijoux fantaisie de grande élégance.
En fait, à mon goût, je trouve qu'il y a trop de choix. Je ne peux choisir. Pourtant c'est une chance de pouvoir choisir. Et les prix sont étonnants. A mon avis, très abordables. J'ai acheté pour moi, et pour mes filles.

A nouveau, j'attends le coup de foudre pour un de ces trésors, avant de passer à l'acte. Acheter.

Service chic, accueil sympa, un côté maternel indéniable. Les produits sont choyés et mis à leur avantage.

Et puis, service après-vente impeccable, les réparations, les ajustements sont possibles et semblent une rosée sur notre monde difficile et nos humeurs moroses. Combien de fois j'ai cassé un collier et l'ai laissé croupir dans une boîte.

Le magasin accueille de temps en temps une collection d'objets décoratifs ayant une petite relation avec les bijoux ou bien des peintures, en exposition-vente qui vaut le déplacement. Je ne suis pas très peinture mais j'ai aimé ces petits tableaux aux couleurs du désert bien tentants. Ils reviendront très bientôt.

J'avais envie de parler de quelque chose de beau et qui mérite le détour ou une visite.

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CATOGANE
125 rue Jean Jaurès à Brest

14.07.2008

Brest 2008 de chez moi

Une certaine flemme ajoutée à un contretemps physique (chute dans l'escalier) qui me donne des difficultés à marcher, et je profite de la fête des bateaux de ma fenêtre ou sur Internet ainsi que dans le journal.

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Tiens, des bateaux à l'horizon ! Chouette !

Pendant que le défilé du 14 juillet se prépare à Paris, Brest se remet de sa nuit de fête avec les bateaux. Mais je n'en suis pas, car un problème de jambe m'empêche de trotter sur les quais du port. J'aurais aimé visiter la rive droite et traverser vers le port de commerce.
J'ai cherché dans mes vieux textes de quoi parler de la mer de mon enfance, et puis aussi de Brest 2004 avec mes textes du style Atelier d'Ecriture. J'aime bien.
Je regarde aussi chaque jour la vidéo d'Olivier de Kersauzon, et je le félicite pour sa simplicité et ses coups de coeur très sincères. Du coup j'ai pensé à mes textes sur la mer de mon enfance, et j'espère faire un petit recueil (pour moi) de ces petits écrits précieux sur l'approche de la famille avec la mer, les bateaux plus rarement, mais le sable, les petits coquillages, les colliers de bigornaux jaunes.
A plus... 4c18f99612d299b82a59f0b4da10555f.jpg

Marin (texte écrit pendant Brest 2004)

J’avais lu quelque part (Hugo peut-être ?) qu’un marin ayant l’habitude de vivre au milieu d’éléments déchaînés avait une force tranquille et un équilibre psychique évident.
Finalement, c’est une raison supplémentaire pour lui d’aimer perdre le nord dans des noyades alcoolisées pour cause de terre ferme. Ceci explique cela, et aussi les bordées fêtardes des marins en goguette.
Pourquoi parler de ça ? Parce que ! « Parce que » est mon nouveau mot assez inexplicatif après avoir usé le «quoique ». Voilà. Ou bien parce qu’une vague chanson de fêtards m’est parvenue, tout à l’heure, à travers mes double-vitrages, entre un bruit de voiture et un claquement de portière.
Je crois que je m’égare. Sans excuser le débordement éthylique, je comprends la chose - moi-même n’ayant pas toujours été raisonnablement sobre autrefois. Mais je ne suis pas là pour raconter ma vie et d’éventuelles turpitudes de mon passé. Peut-être est-ce la proximité des 2000 navires (à ce que je sais) dans le port et ses environs qui me guident ou m’inspirent. Peut-être. De toute manière je ne retire rien de ce que j’ai dit car je sens la douceur de cette nuit, et j’imagine tous ces gens qui dormiront dans le ventre des bateaux flottant sur l’eau près des bassins et des quais du port Napoléon III ou dans le port de guerre, fatigués de la journée et des précédentes nuits trop courtes.
Quelques craquements pétaradants des feux d’artifice ont fusé tout à l’heure,  puis se sont tus. Les bars doivent être encore illuminés, pleins d’odeurs et de musiques. Chacun oublie, dans l’ivresse des vins et de l’accordéon, ses soucis de la journée. Je ne regrette rien. J’ai ma douceur de vivre et mon oubli suave dans la chaleur de mes draps. Le chat dort à mes pieds, sa tête ronde pleine de rêves sages. Il ne faut pas le réveiller. Chut ! l’innocence sommeille.
Il est presque minuit. Tiens ! mon voisin du dessus est rentré. d572b91b880ce75fdff9efeb71ffeadf.jpg

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Avant et après Brest 2004, dans le bus :
Lundi 5 juillet. 7h55
Le chauffeur dit bonjour, ce matin, à chaque personne qui monte. Rare. L’homme est sympathique avec un visage bronzé un peu granuleux mais qui se laisse regarder.
Peu de monde. Calme est l’ambiance. La tendance est de regarder dehors. La ville paisible se réveille. Certains magasins ont des lumières pour attirer l’œil. Particulièrement les banques, guichets automatiques, vitrines encore illuminées. Tiens ! Des soldes géantes à Monoprix ! Quelqu’un y entre déjà. Portail automatique. Clic ! Clac ! Mais je ne l’entends pas.
Dans le bus tout est paisible. Une femme assise, les deux mains l’une sur l’autre sur les genoux, comme dans un tableau de… je ne sais plus. Elle a l’air serein.
Peu de mouvements. Douceur d’un lundi matin de juillet. Tiens ! Nous sommes déjà en été.
Le soleil est là, le bus traverse la ville sous un ciel bleu où traînent quelques nuages sympathiques n’annonçant rien de grave. Journée tranquille, température douce, pas de vent.

Jeudi 8 juillet. 15h
Bus bondé. Dehors, les voitures et un bus bizarre tout jaune, maquillé pour Brest 2004. On croirait qu’il est aveugle.
Il y en a un, particulièrement voyant, jaune bien sûr, décoré sur le côté avec une feuille du Télégramme parlant des bateaux. C’est énorme, effrayant. Les gens à l’intérieur, on ne les voit pas. Eux doivent voir la ville à travers la couleur jaune vif. Ça donne envie d’y aller, mais pas de chance pour l’instant, je n’en ai pas l’opportunité.
Il y a du vent, beaucoup de vent ; hier il a plu ; en une journée il a plu autant qu’en un mois a dit la météo.
Un monde fou dans le bus, mais rien ne se passe de spécial. C’est l’été sans le beau temps. A quand le prochain rayon de soleil ?
Brest est cependant prêt à accueillir les bateaux de toutes sortes. Il est certain que les marins s’en fichent du manque de soleil. Ça a toujours été comme ça les autres fois : le beau temps est arrivé pendant la semaine. C’est ça Brest !

Mardi 20 juillet. 15h45. (la fête est passée)
Une grosse pluie d’été m’incite à monter dans le bus. Beaucoup de jeunes, très jeunes, et un groupe d’enfants multicolores et joyeux. Je vois un sourire. Un de ces fins sourires narquois avec les yeux du même acabit, plissés et glissant dans une direction. Celle d’une femme assise devant moi. Je vois sa nuque. Sans être vieille elle a des cheveux blancs permanentés.
Elle se lève lentement, très lentement. Les yeux moqueurs suivent le mouvement. Je vois des pieds dans des charentaises. Elle, elle est grande et ses vêtements semblent plutôt du genre pyjama matelassé avec une veste informe de toile par dessus. Son visage blanc est impressionnant. Ses yeux presque clos et les dents cariées et ébréchées, elle semble sous l’emprise de drogues ou d’alcool, ou les deux. Elle va descendre du bus, lentement, très len-te-ment sous le regard du jeune curieux.
Il y a le meilleur et le pire dans les bus. Le meilleur étant la jeunesse, les enfants avec leurs mamans, le pire était là, aujourd’hui : la solitude paumée dans une galère sans nom. Que faire devant ça, sinon en parler ?
Triste jour. La pluie ? Pas grave.

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