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14.08.2008
Que d'eau, que d'eau !


Je me lance dans une note avec partie longue. J'avais fait plein d'autres choses ces derniers temps. Et mon blog se trouvait bien abandonné.
Je m'étais promis de partager mon aventure avec l'eau de l'été 2004, juste après la fête des bateaux. Ouah ! quel souvenir !
Quelle eau ? Et ben l'eau du plafond, dégât des eaux, etc, etc... Qu'est-ce que j'étais énervée, car cela dura bien longtemps. Un mois, deux mois ? Je ne sais plus. Long, oui.

Histoire d'eau :
On est fin juillet ou début aout 2004.
... Je me sens toute bête à la fin de mes matins, au jour le jour, parlant de la vie, de ma vie, donnant des préceptes, qui ne seront probablement pas écoutés, racontant des bribes de vie, avec morale à l’occasion, parlant du zen, que j’ai délaissé un peu mais que je n’oublie pas, et ceci, tout en aidant ma famille à flotter au dessus des problèmes inhérents à la vie, et tout en m’occupant de mes affaires qui avaient grand besoin que je m’intéresse à elles.
Voilà une grande nouvelle : les miracles existent. Bien que je n’aie pas encore vendu mon appartement (ma léthargie chronique en a ralenti le processus), mais j’ai des opportunités qui vont me permettre de recommencer en Septembre mes sympathiques activités qui sont devenues essentielles dans ma vie.
Il y a des choses qui sont moins roses mais ce n’est pas l’essentiel (Il y a bien le voisin du dessus qui a fait un dégât des eaux ces jours-ci) car le précepte du jour arrive.
Ne pas tomber dans le pessimisme est la règle numéro un dans la vie. Je ne peux m’empêcher de citer un aphorisme (plus intelligent que mon malheureux précepte) :
Le pessimisme est la pollution du présent, l’optimisme – son épuration.
Je finis l’essentiel de mes matins au jour le jour avec cette note sur l’optimisme qui fut, et qui sera toujours je l’espère, l’élément dominant de ma vie.
Humilité ?
J’ai usé tous mes calepins mais je n’ai pas usé mon cœur, ni mon désir. Désir d’écrire chaque matin, chaque matin possible. Entre la tartine et la fin du café, il y a tout un monde à penser, à découvrir.
L’humilité est une vertu nécessaire qui n’est pas prête d’être visitée à fond par le commun des mortels. Le désir d’être humble est un non-sens qui nous en éloigne. On est humble ou on ne l’est pas. Il faut s’oublier, tout simplement, pour planter en nous le désir d’être ouvert aux autres ; rien n’existe si ce n’est le fait que nous n’existons que par rapport aux autres : ceux qui souffrent, ceux qui sont faibles, fragiles, découragés.
Un ego trop existant fait fuir l’humilité, qui devient de la fausse humilité, (la plus dangereuse), et agir à cause ou par rapport à cet ego ce n’est pas bon. Alors, me direz-vous, on ne fera plus rien !
Faux ! Il restera tout ce que vous devez faire, que vous savez faire : faire plaisir autour de vous, sans vous ruiner, (le plaisir d’autrui n’est pas coûteux), recherchant les occasions de service, de faire le bien, de faire un sourire…
Evitez, surtout, de faire comme moi, avec des « Oui, mais ceci… oui, mais cela… » Soyez anti-ouimais.
En ce qui me concerne, si ça pouvait empêcher mes délires obsessionnel du genre parano ce serait merveilleux. (Quand je parle de parano, je considère que presque tout le monde l’est, donc, je suis comme tout le monde). Bon, c’est l’heure de vaquer…
Tout m’énerve
J’ai, bien sûr, quelques tracas (pas beaucoup mais un gros principalement) et des projets dans cette période de milieu d’été où tout le monde est en vacances (même les plombiers). Les problèmes, eux, ne sont pas en vacances et je peste comme une diablesse car mon dégât des eaux (petit quand même, mais persistant) n’est pas en chemin d’être réglé, le petit macho qui vit au-dessus de ma tête ne se bougeant pas.
Son plombier ne vient pas, Truc-dépannage le bien nommé, on croît rêver.
Au lieu de m’énerver je pourrais écrire des poèmes, tiens ! Je sais, ce n’est pas ce que je fais de mieux. Mais bon, savoir que ce personnage, ce gamin (je peux le dire), cet olibrius (aussi), ne bouge pas, ça m’énerve un max. Mon chat s’en fiche. Il commence à m’énerver lui aussi. J’aimerais avoir la voix de Muriel Robin pour dire haut et fort: - « Celui-là commence à m’emmerder ! », et sur tous les tons et de plus en plus fort. Avec ma voix ça ne fait pas le même effet, et c’est infiniment moins drôle.
C’est vrai qu’il commence vraiment à m’emmerder ce mec. Je deviens vulgaire, peut-être « grave » selon les jeunes mais j’ai besoin de me défouler… sur quelqu’un. J’en pleurerais. Peut-être vais-je finir par le faire. Pleurer. Plutôt que tuer quelqu’un.
Ah ! le 21ème siècle, il commence bien avec des gamins propriétaires qui se croient tout permis, le monde n’est pas sauvé et les conflits entre générations ne sont pas prêts d’être résolus. Ça va même s’aggraver. Je sens d’ailleurs, que je m’aggrave de minute en minute. Non, écrire ne m’aide pas vraiment dans ce domaine. Il me faut changer de sujet.
Mais quoi ? Le temps ? Il est changeant mais la température reste agréable. Les jours où il y a du vent, tout le monde le supporte et continue à marcher les bras nus. L’été est bizarre mais agréable nous faisant la surprise de nous donner un ciel bleu de temps à autre. Le grand beau temps en Bretagne c’est le paradis. Alors, ceux qui font là-haut la pluie et le beau temps ne souhaitant pas que tout le monde rapplique en Bretagne (on se demande pourquoi) font en sorte qu’il y ait un temps maussade (mais plaisant) sans trop de soleil.
Seuls les initiés savent que ce temps est idéal pour ne pas avoir trop chaud ni la peau brûlée, ce qui n’empêche pas de bronzer. La seule fausse note est la fraîcheur du soir qui indisposent certains. Quoique, les nuits chaudes ne sont pas, à proprement parler, idylliques (j’aime bien ce mot). On transpire, on se fait piquer par le premier moustique femelle qui passe, même si l’insecte n’est pas en colère, quand il n’y a pas un club de moustiques femelles qui viennent prendre pension dans votre appartement ; on en est même à se demander : que font les mâles pendant ce temps ? J’ai la réponse, ils gardent les enfants moustiques. Je reviens à mes moutons, je laisse ces nuits-là aux autres.
J’ai réussi à changer de sujet, c’est déjà bien. Vais-je en rester là ? Je crois que oui.
A bientôt, peut-être…
Histoire d’eau… Matin gris. Il a plu la nuit, ce qui donne une impression de fraîcheur agréable en dépit du ciel bouché. Le gris parfois me fait du bien. Il calme. Surtout après la pluie de la nuit. Donc, si je réfléchis bien, je devrais passer une journée plus tranquille. De plus, je n’ai rien de spécial à faire, sauf camper chez moi au cas où quelqu’un viendrait soit pour le « dégât des eaux » ou bien pour visiter en vue d’acheter (de plus en plus problématique).
Hier, j’avais trois états : l’état énervé, l’état fatigué et l’état heureux. Tout ceci étant complètement indépendant de ma volonté (qui avait sans doute pris des vacances). Je conçois très bien que la fatigue arrivait juste après la période d’énervement due à mon voisin au-dessus de ma tête qui ne s’inquiète pas du tout que mon mur soit mi-mouillé mi sec avec de la tapisserie détrempée d’un côté et du sec auréolé de jaune. De quoi faire fuir tout acheteur potentiel.
Et puis, lorsque je réussissais à oublier mes tracas, je me trouvais benoîtement heureuse (sans raison) dans la douceur du temps ensoleillé (enfin!) de ce début août. Dans cet été heureux (état ou été ?), j’ai fait des magasins (pas mon habitude) et j’ai trouvé ça bien.
La vie est bizarre. Mes ennemis restent mes ennemis, mais je m’en contrefiche.
Hier, j’ai fait les démarches nécessaires pour la fameuse fuite, coupant l’herbe sous le pied du petit macho et me voilà tranquille. J’ai un livre très drôle en cours – une histoire (de filles) bien écrite – et je me repose benoîtement sans culpabiliser de rien, ne rêvant que de finir ce livre. Faut lire, quoi !
Un petit somme et je me réveille avec quelques idées sur la journée qui commence. Il pleut, en fait. Petite pluie douce. La gouttière percée ne se manifeste pas, donc, ça va.
En ouvrant la fenêtre de la cuisine, je fais le constat affligeant que les fleurs, plantées dernièrement, ont desséché sur pied d’une façon atroce. Quelques fleurs sur des tiges grisâtres avec des feuilles réduites à l’état de petits papiers verdâtres. La personnification du désespoir. L’idée m’est venue de les remplacer par des petites plantes fleuries aux feuilles un peu grasses qui pourraient résister à la sécheresse. Je les avais pourtant arrosées, mais en vain. Donc, menu de la journée, acheter des fleurs pour arranger mes jardinières. Un programme susceptible de donner l’énergie nécessaire pour quitter mon lit, si tendre avec moi ce matin.
Le temps n’arrange rien. Le rayon de soleil matinal s’étant porté pâle aujourd’hui. A suivre..
Une envie d’étrangler… quelqu’un
Il est presque deux heures du matin, et je viens de mettre une cassette sur ma chaîne (la platine de CD est en panne). « Quand tu chantes, ça va… » roucoule Nana Mouskouri. Une des cassettes de l’intégrale Nana que j’ai sauvé de l’avant dernier déménagement. Vous savez de chez Machin ! C’est mon trophée, mais je l’avais un peu abandonné depuis quelques années. J’y reviens depuis quelque temps.
Je me mets à chanter avec elle, histoire de tester ma voix.
En fait, je peste depuis presque deux heures, tentant de m’endormir, en vain. Du bruit au-dessus de ma tête me dissuade de plonger entre les doux bras de Morphée.
J’enrage. Non seulement, on me pollue avec l’eau venant de l’appartement du macho nerveux au-dessus de ma tête ( sans doute, l’évacuation de la douche toujours non réparée) mais en plus il m’empêche de dormir. Même mon nouveau livre si passionnant n’arrive pas à me distraire.
Tiens, je n’entends plus rien. La musique adoucirait-elle l’humeur de mon plafond. Depuis quatre ans, c’est la première fois que cela m’arrive. Les anciens locataires, je m’y étais habituée à défaut qu’ils se soient mis à marcher avec des chaussons. Je n’ai jamais eu besoin de rouspéter, je m’étais fait une raison. Rien ne me dérangeait.
Ce qui m’énerve, c’est que je mange de plus en plus, tellement je suis nerveuse. Un élargissement de silhouette est en vue. Comme si j’avais besoin de ça. Le livre aussi me donne des idées de chocolat.
Bienheureuse je suis, avec Nana qui charme ma nuit trop blanche. Elle me calme vraiment. Il faut que j’oublie jusqu’à l’existence de ce malotru de première. Un de ces jours, je lui écrirai un petit mot de rappel : « pas de bruits SVP entre minuit et 6 heures du matin. Des chaussons ne seraient pas déplacés si vous ne pouvez éviter de marcher sur vos pieds ». Je vais faire court, mais fallait que je me venge sur le papier.
Matin fatigué.
J’ai dû sombrer dans le sommeil profond à un moment de la nuit, le réveil fut bizarre. Où suis-je ? C’était un peu ce genre-là. Ajoutons à ça une fatigue énorme. Mais, ne me laissant pas perdre de temps, j’entreprends de boire mon eau matinale. Et, séance tenante, je mets Nana sur la chaîne (en fait, elle y avait passé la nuit, mais en silence), espérant que mes noctambules dorment et qu’ils vont entendre aussi (je suis sadique à mes heures).
Mon moral remonte très vite et très haut. Tout va bien. Matin merveilleux avec ma vieille copine Nana et toutes les chansons que j’adore. De pures merveilles pour certaines : « Que je sois un ange » (paroles de Serge Lama), « Au cœur de septembre », « Brave marin », « aux marches du palais »…
Mon livre aussi me plaît toujours, cette histoire de filles trahies par leurs mecs et qui se vengent d’une manière drôle. Enfin, je résume. Ce qui est moins drôle c’est qu’elles n’arrêtent pas de parler de bouffe, de gâteaux, de chocolat, et ça me donne faim, ce qui n'arrange pas mes visites amicales à mon frigo. Les filles mangent constamment du chocolat, et toutes sortes de choses sucrées qui remontent le moral.
Je ne suis pas à un délire près. Hier donc, étant branchée « chansons », j’ai chanté « mon amant de St Jean » à mon chat. Il a beaucoup aimé. Yeux langoureux de côté, un bout de patte retournée tout frémissant. L’extase n’était pas loin. Je crois que je progresse.
Bon, c’est décidé. Chaque fois qu’il y aura du bruit là-haut, même si c’est la nuit, je mettrais ma musique. Je ne m’énerverai plus. Je ne sais pas vraiment si quelqu’un entend. D’ailleurs, ne dit-on pas d’une chanson que c’est « deux minutes trente cinq de bonheur » ?
Je suis en train de prendre des sortes de Vacances, sans OB, et sans obligation tout court. Enfin, j’essaie.
Je me lève, il n’y a plus rien à manger. Quand vais-je dormir vraiment ?
(OB obligation bénévoles )
Plein soleil
Le soleil est arrivé tout fringant, tout heureux, et s’est jeté sur ma fenêtre dont les volets étaient encore fermés. En dépit d’une vieille douleur lombaire qui traîne depuis des jours, je m’en suis trouvée toute ragaillardie. Malgré, aussi, mon souci d’eau qui goutte dans ma salle de bains, je souris au soleil.
Tiens, je vais écrire à mon voisin pour parler de plombiers. J’ai téléphoné hier matin, un lundi, et j’ai eu la visite d’un plombier dans l’après-midi pour un problème de robinet de cuisine (qui va beaucoup mieux, merci), et un autre a répondu à mon appel sur répondeur pour répondre à ma question. Faut voir pour croire. Les plombiers, finalement, - en dépit de ce que disent les mauvaises langues -, sont des personnes éminemment sérieuses. Peut-être un peu chères, parfois, mais sérieuses.
Je retrouve ma hargne, en dépit du soleil, rien que d’y penser. Je vais écrire… au voisin, et au Syndic (qui est au courant mais en Vacances) et j’attends des nouvelles, soit par téléphone (je suis quasiment en permanence chez moi, et je commence à en avoir marre), soit dans ma boîte aux lettres. Je ne peux faire mieux.
Faut voir comment un petit problème non réglé peut se transformer en catastrophe écologique (parce qu’il y a des petits champignons microscopiques qui ne demandent pas mieux que de croûter le bois dans la douceur humide et sombre, tout ça dans une température plus qu’idyllique… pour eux), car qui peut dire ce qui se passe, en ce moment, dans le plafond (en PVC) ? Peut-être beaucoup d’eau qui passe par où elle peut. Il y en a suffisamment pour faire une grosse goutte toutes les cinq secondes, nuit et jour depuis que je m’en suis aperçue (quelques jours).
Cela me fait même penser au supplice de la goutte d’eau, utilisée autrefois pour martyriser un prisonnier récalcitrant.
J’y songe. Je ne vais pas faire une lettre recommandée, ce serait cher et trop long. Je ferai une copie pour le Syndic, puis je ferai le facteur. Je sens que je tiens le bon bout.
Heureusement, il y a le soleil aujourd’hui. Certains fâcheux étaient prêts à dire que l’été était pourri. Je suis partisane de dire qu’il y a eu des étés vraiment pourris où il pleuvait tout le temps. Cette année, l’été est plutôt plaisant, si on enlève les jours de ciel gris parfaitement nocifs pour les gens à tendance dépressive. Dont moi, en ce moment.
La température a toujours été correcte. C’est déjà ça. Dans ma longue vie, j’ai connu des étés « frigos » où il fallait se vêtir pour ne pas encourir un rhume des plus carabinés. Pas question de songer aux petites robes d’été qui restaient scotchées dans les placards, ou dans les rayons des magasins. Magasins qui s’évertuaient à s’en débarrasser au moment des soldes du milieu de l’été (si on pouvait appeler ça un été) histoire de se faire de l’argent pour acheter les collections automne-hiver, qui marchent merveilleusement bien en Bretagne. Tout n’est pas noir, vous voyez bien !
Ah ! la vie n’est pas compliquée ! Tout s’explique, sauf… mon histoire d’eau. D’ailleurs, je vais sombrer dans une phase de vulgarité et je dis, haut et fort, avec ma propre voix - ça va ch… ! ? !
Je n’en peux plus. Heureusement que je ne rêve pas (cauchemarde pas), que j’oublie mes soucis d’eau pendant quelques heures (si mon voisin ne fait pas de bruit. Mais oui !) Heureuse insouciance qui est la mienne (si…), et vive le soleil, je compte bien en profiter (s’il dure). Après mes courriers, j’ai fait des essais de poème. Ce n’est pas à proprement parlé quelque chose de terrible, mais j’aime bien la fin qui aurait des connotations philosophiques. Ouais !
Tiens, j’ai lu quelque chose sur Colette, l’écrivain, (avec présentation, dates importantes, et extrait d’un livre) on y disait qu’elle n’était pas, à proprement parlé, une intellectuelle mais quelqu’un parla, tout de même, de son génie pour écrire les histoires simples, sur les chats, et tout et tout.
Dorénavant, je serais très heureuse d’affirmer que ne je suis pas d’un genre intellectuel – ce qui est vrai - mais ce sera une immense satisfaction d’avoir ce point commun avec Colette, même si c’est le seul.
Le bonheur m’accable. Je suis heureuse. Malgré tout ce qui ne va pas très bien, malgré le peu qui ne va pas, en fait.
Un peu de place pour mes petits mots :
Le cœur, toujours le cœur !
Le mental a du mal à croire
Mais… l’Esprit a toujours raison
C’est lui qui dit le dernier mot :
Croire !
Oui, croire,
Avec le cœur, au bord des yeux.
Si je m’appelais Monsieur…J’ai bien pondu ma lettre, l’ai glissée sous la porte en question, et ai porté la copie à l’agence qui s’occupe du Syndic. M’adressant aux filles de l’accueil, je me suis lancée dans une longue phrase qui disait, en substance, que si je m’appelais Monsieur « Quelque chose » l’affaire serait close depuis longtemps.
Ce non-respect vis-à-vis de moi, une femme d’un certain âge, m’horripile complètement. D’ailleurs, le Syndic, en vacances, m’a toujours prise pour une vieille folle, (pas si vieille que ça, mon petit père !). Il me regardait souvent de travers, comme s’il pensait : « De quoi elle se mêle celle-là, nous, les hommes on sait ce qu’on a à faire ! » C’était évident. Son regard en disait fort long. Et ses discours du genre : « Mais, Madame, ne vous inquiétez pas », l’air de dire que je devrais m’occuper de ce qui me regarde. Je n’ai pas la carrure pour discuter aux réunions de copropriété. J’ai toujours tort, sauf lorsque j’appuie les dires de l’un d’eux, seul contre les autres. Un mec. J’essaie d’être juste, en fait. J’avais signalé qu’il y avait un trou dans la gouttière sur la rue, et qu’elle arrosait les passants en cas pluie, rien n’est fait encore. Quand ?
Ma lettre, donc, n’était pas tendre du tout. Comme par hasard le plombier est passé hier. Il a resserré des choses (quand je vous disais que je n’y connais rien), disant qu’il fallait voir sur une semaine. Ça me fait rire, compte tenu que mon plafond en PVC peut avoir fait une réserve de flotte au dessus de ma tête. Ça devrait peut-être diminuer. Soyons résolument optimiste, comme toujours.
A part ça ? Le soleil joue à cache cache avec la pluie ou les nuages. Fatiguée, mais ça va déjà mieux. A bientôt.
Autres choses, enfin… J’ai constaté. Il n’y a plus de gouttes dans le plafond de la salle d’eau. Je ne rebattrais ainsi plus les oreilles de personne avec ce problème. Promis.
La journée commence bien dans un calme retrouvé. La radio de ma chaîne Hifi déverse une musique assez énergique du genre classique. Quelle radio ? Yo no sait ! j’ai réussi péniblement à la programmer hier ou avant hier en recherchant Radio Neptune… que je n’ai toujours pas trouvé.
J’ai commencé deux livres. Très différents. Un hier soir et un autre ce matin. Il est probable que je choisirai un troisième. J’accroche pas !
Tiens ! la musique c’était Aïda de Verdi. J’avais reconnu mais sans mettre un nom dessus. Il est vrai que les trompettes d’Aïda ça dit vraiment quelque chose, mais j’avais oublié le nom. Je vieillis.
Je sens que je vais devenir rasoir. Bon, j’ai décidé, le retour du beau temps étant prévu après un ou deux jours pluvieux, d’aller prendre un bain à la mer. J’irai près de l’endroit où ma fille prit son premier bain à… un an d’âge, pile. Je faisais la planche et je l’avais juchée sur mon ventre. Il faisait très beau et elle aimait beaucoup ça. Une image charmante que j’avais égarée dans les plis de ma mémoire.
Radio classique. Il est 10 heures, dit la dame.
Hé oui, je suis toujours au lit. Après les jours d’énervement, de mal au dos, de choses à faire obligatoirement, ça fait un bien immense. Je n’ai absolument pas envie de bouger.
Je reviens, après une pause - je viens d’écrire une lettre, une autre, pour tenter de régler quelque malentendu avec quelqu’un – je reprends mon « au jour le jour ».
J’ai écrit : « Je ne me sens pas capable d’abnégation au point de devenir l’esclave de qui que ce soit » puis « Il ne faut pas passer sa vie à ménager les faiblesses des gens, ce n’est pas leur rendre service. Chacun doit assumer ses propres insuffisances et les transformer en forces. »
Surtout si c’est moi qui trinque. A propos des talents de chacun : « Chacun est seul avec ses talents. Les talents de l’un ne peut faire d’ombre aux talents d’un autre ; il faut trouver des occasions de les exercer ensemble, pas de rabaisser quelqu’un pour qu’il perde le peu qu’il a. C’est ma vision des choses et une question d’intelligence. J’aime tout le monde, même ceux qui n’ont pas l’intelligence d’être gentils avec moi. D’ailleurs, la gentillesse est parfois de la faiblesse et je ne veux plus n’être que gentille.»
C’est vrai, si on me dit : - Vous êtes gentille, ce n’est pas un compliment pour moi. Non.
Voyez, j’ai partagé avec vous aujourd’hui des choses que je traîne depuis des années avec mon comportement de fausse gentille qui dit rien et qui écrase en souffrant de ne pas être elle-même. Attention ! je ne suis pas méchante non plus.
Aujourd’hui, j’existe et je me répands dans mes écritures. Si quelque chose me cause souffrance, je dis STOP. Je fais pas. Je fais plus.
La musique est douceur maintenant, avec un violon de rêve. Comme hier soir. J’ai assisté à un concert dans une petite chapelle de Plougastel. La déco était simple et harmonieuse, des couleurs douces qui parlent aux yeux sans les heurter. Tout ça, avec des compagnons de rêve, grands amateurs de belle musique. J’étais assise, sur une chaise de paille très simple et nous avons été enlevés de notre base par la douce ou l’énergique vibration du violon accompagné du bruit délicieux de source de la grande harpe. Deux belles concertistes bretonnes, deux amies, deux âmes en harmonie.
Une bien belle fin d’après-midi avant le dîner qui fut des plus frugaux. Pas envie de manger.
J’arrête là. J’ai écrit trois feuilles. Presque.
Je suis véritablement en vacances et le soleil a déjà allumé mon rideau ce matin. Tous les espoirs sont permis. Finalement, la pluie est arrivée détruisant mon beau projet. Le bain se fera dans un air mouillé, comme si j’étais dans un aquarium. Pour la douche, il faudra songer à la gouttière qui déborde toujours. (Serai-je drôle ?)
J’arrête tout
Mauvaise nouvelle, mon plafond goutte à nouveau, une goutte toutes les 8 secondes au lieu de 5. Le progrès ne m’atteint pas. Compte tenu que le plombier est passé sans faire grand chose.
Enfin, je ne sais plus quoi faire. Le syndic revient de vacances demain. Comment vais-je l’aborder. Le mode gentil ou le mode terrifiant. Si je me souviens bien, j’avais dit que je ne voulais plus être gentille. Donc, le mode ferme. Si je peux. Je devrais faire un rapport avec des dates, qui a dit quoi, qui a fait quoi. Ce pourrait être intéressant. Mais, ça m’étonnerait que ça le branche.
Ouille ! dans quelle galère suis-je ? Et le problème de vente d’appartement ? Comment, décemment, vendre un appartement avec de l’eau qui coule dans la salle d’eau. Le constat : une goutte toutes les cinq secondes d’un côté, et une goutte toutes les huit secondes de l’autre côté. Mes serviettes éponges y sont presque toutes passées, et j’ai dû les laver pour les remettre en service (normal !), et puis, et puis… j’en ai marre, vraiment.
Aujourd’hui, ce sera le jour de la toute petite feuille au jour le jour.
Qu’ai-je donc fait au bon Dieu ? A part ça, tout baigne. Presque tout. Et dire que ça baigne c’est un euphémisme révélateur. Lapsus ? Même pas. Je me noie dans un verre d’eau ? Je voudrais bien vous y voir. Tiens. Je n’ai pas le moral ! Au secours ! Qui va m’entendre ? Qui ?
J’ai écrit, dans mon délire :
Il pleut dans ma salle de bain.
D’abord, j’ai cru à une vue de l’esprit. J’ai susurré : « Il pleut dans mon cœur comme il pleut dans ma ville ». Mais chez moi ? Peut-il pleuvoir ?
Je regarde le ciel de mon lit. Fera-t-il de la pluie, aussi ? Ou qu’est-ce qui se passe ? ( Quesse passa ? )
Tel un shadok, je pompe. Je pompe l’air pour pomper l’eau. Est-ce logique ?
La logique n’étant pas mon fort, je ne pense plus à rien. Enfin, à rien de logique.
Erreur ! Je suis logique, donc j’essuie. J’essuie les plâtres et je suis logique avec moi-même.
Dans quel esprit puis-je penser que l’eau goutte dans ma salle d’eau ?
C’est de la pluie, aujourd’hui. Hier c’était rien. Avant c’était bien.
Demain ? ce sera un grain, je le crains.
Que réserve mon plafond ? Une réserve de flotte qui trotte dans ma tête, et je m’entête à jurer mes grands Dieux que j’en ai marre de celui qui dort au-dessus de mon plafond. « Et ron et ron, vilain fripon !»
Quel dégât va-t-il y avoir ? Je ne sais pas. Bonsoir.
Qui vivra verra. Je laisse ça aux experts qui viendront inspecter, avec leur petit nez rose, la chose. Ah ! la vie est bien morose.
- Mais il ne faut pas s’émouvoir. Se faire une raison, ça serait bon.
Facile à dire, vous, là, beau sire, vous en haut ! Et moi dessous c’est pire. Je reçois l’eau.
Il pleut dans ma salle de bain, et j’ai beaucoup de chagrin.
Je persiste et je signe.
Moi.
Le soleil revient.
Après beaucoup de pluies, ma gouttière fuyante ayant été fortement sollicitée, me mettant le moral à zéro, et après les innombrables gouttes d’eau tombant du plafond de ma salle d’eau – que j’ai vidé de son contenu donnant une impression bizarre de travaux en cours - le soleil semble plus présent dans mon rideau orange.
J’avais ouvert les volets dès mon réveil, vers 9 heures (quelle horreur !), et replongé dans mon livre en cours qui est plus que passionnant.
Voilà deux matins que je reste au lit à lire, moins à écrire – mon épaule droite me faisant souffrir - interrompue, de temps en temps, par des toc toc sur ma porte pour avoir des nouvelles du dégât des eaux.
C’est fait. Le troisième plombier pressenti a trouvé l’origine de l’eau : la machine à laver. Une histoire de joint. Est-ce bête ?
Un mois de trente et un jours a passé depuis que j’ai reçu la première goutte d’eau sur la tête (ça rime). Mon chat prend son air intelligent, l’air de celui qui sait tout. Mais, ne voulant pas entamer une nouvelle dispute avec lui, je me contente de le caresser et de le prendre sur mon ventre pour profiter de la bonne nouvelle et finir mon livre.
Hélène Grimaud, pianiste de renom – je me souviens de sa participation aux Victoires de la musique classique - a écrit un livre sur sa vie et sur ses loups. J’ai failli pleurer, mais n’étant pas (plus) capable de le faire, j’ai eu souvent la poitrine étreinte d’une sensation émotionnelle assez jouissive qui me tient lieu de larmes.
Passion est le maître mot du livre et je songe déjà à le prêter. A qui ? J’en ai parlé à ma fille mais sans succès. Elle n’a pas la tête à ça. Pourtant, qui pourrait être touché par ce livre, sinon elle ? Elle n’a pas le snobisme qui lui ferait survoler le livre sans être atteinte par quoi que ce soit. Elle a la sensibilité qui fera feu en lisant cette histoire extraordinaire d’une petite fille qui avait, semble-t-il, beaucoup de problèmes au départ.
Puis, vinrent deux choses, la musique et les loups. Rien de simple, me direz-vous, mais chacun doit trouver ses deux domaines où il pourrait trouver sa raison de vivre. Et c’est bien ce qui s’est passé pour Hélène Grimaud, je le sens.
La mort, elle en parle parfois à mots couverts. Mais on comprendra que la mort survenant à un moment crucial et extrême dans une vie est quelque chose de beau, de nécessaire.
Voilà qui me change de mes histoires d’eau. J’ai aussi reçu une carte pour me dire que j’étais très gentille. Je ne veux plus n’être que gentille, je croyais l’avoir dit et clamé haut et fort.
J’ai fini le livre, et je me sens toute vide. Pas envie de faire des choses comme tout le monde : le ménage, la lessive (faudra bien), la cuisine.
Hier, j’ai pas mal marché. Chance, il faisait plutôt beau et les nuages sur un ciel bleu bien lavé avaient de bien belles formes. J’avais mon appareil de photo dans mon sac et j’ai fini ma pellicule entre les photos de bus (pour mes repérages) et celle des fleurs de mon jardin préféré près du monument aux morts, sans oublier les arbres se découpant sur un ciel de toute beauté.
Je me retrouve moi-même.
Permettez à vos choix profonds de jaillir de votre vraie nature dit le zen. J’y reviendrai bien, mais plus tard. Celui-là, je l’avais quasiment oublié.
Pour l’instant, comme passion, j’ai l’écriture (et la lecture des autres) et la photographie. L’ordinateur aussi, m’occupe bien. Mais je sens que ces choses sont un tout et il faudrait que je trouve une autre activité pour la partie sensible de mon être.
J’ai des idées, mais rien de précis. Jouer aux dominos avec des personnes dépendantes ? C’est tout à fait dans mes cordes. Si j’avais une voiture, j’organiserais des promenades avec ces personnes. Mais, je n’ai pas de voiture. Il faudra y songer un jour. Quant à trouver un éditeur, j’y crois fermement. Cela me plairait infiniment (et je pèse mon mot) que quelqu’un, dont c’est le métier, lise mes essais et m’en dise un peu sur ce qu’il en pense.
J’y crois, vous dis-je !
Ce matin, même sans la bonne nouvelle de la fuite d’eau éventée, ce matin aurait été un bon matin. A cause ? A cause du livre que j’ai malheureusement fini de lire. Vais-je le relire ? Peut-être. Trouver les phrases qui m’ont plu, et surtout celles que je n’ai pas bien comprises, Hélène étant une intellectuelle qui se lâche vraiment de temps en temps.
Je suis loin des lundis matin avec Jean Paul et les autres. Pendant les vacances scolaires, j’ai lu et j’ai beaucoup écrit. J’ai copié des phrases et des aphorismes de partout et je continue à m’en délecter.
Bientôt arrivera le moment de reprendre le chemin de la Maison pour Tous où fleurit Jean Paul et ça me fait bizarre rien que d’y penser. J’y pense, et j’y pense de plus en plus. Quel chemin ai-je parcouru en moins d’un an ?
La goutte a disparu.
Bien plus de soleil. Moins d’eau dehors. Moins d’eau dedans.
Ce matin, la goutte a disparu du plafond. Dire que je suis contente est faible. Je suis folle de joie.
Le chat en profite pour venir m’extorquer une caresse. Je veux bien tout, mais sortir de mon enfer.
Il semble que le Ciel m’ait entendue, alors que je me noyais dans mes délires à la limite de la vulgarité. Si, si, je reconnais.
Maintenant, il n’y a plus qu’à espérer une participation sympathique des assurances. Il est possible que j’ouvre là un volet intéressant. Vais-je ou non conserver mon assurance l’an prochain ? Rien n’est moins sûr. Pour l’instant je tourne la page.
J’ai l’impression d’avoir jeté toute sagesse aux orties pendant mon mois de délire. Ça c’est sûr.
D’ailleurs, j’ai totalement oublié que : nous pouvons être en enfer ou au ciel selon notre attitude devant les choses de la vie. C’était le zen qui disait ça. J’ai loupé mon exercice. J’avais tout occulté, en fait.
Maintenant ? Je vais revivre, et retrouver tout ce qui était ma vie avant, mais en tirant des leçons de cette expérience assez folle.
Chaque vie a une action sur d’autres vies. Chaque bienfait a un écho et chaque erreur se répercute à l’infini. Exemple ? La machine à laver dont le branchement à l’eau était mal fait.
Je vais oublier, sûrement. Mais pour l’instant, je ressasse un peu tout en me disant que je m’en sors plutôt bien. Un peu de peinture à refaire et c’est tout. En apparence. Mais qui peut dire où est passée toute l’eau ?
La vie n’est pas qu’une histoire d’apparence. Il y a la vérité qui est autre, plus complète, plus grave, plus intense.
L’œil ne voit pas tout. Nous sommes aveuglés par les apparences.
Je me demande si je n’ai pas tendance, parfois, à dramatiser. Même pas. Etant optimiste de nature, lorsque je m’inquiète, je vous promet qu’il y a des raisons de s’inquiéter. L’expérience ? Le subconscient qui fait son œuvre ? Les deux, bien sûr.
Bon. L’été est encore de saison ! Si on peut dire. Il faudra bien que septembre soit heureux et ensoleillé. Il fera, peut-être, un peu froid, mais qu’importe. Ce sera le retour de la marche du lundi, de l’Atelier d’Ecriture, et c’est déjà beaucoup.
L’an prochain, je tacherai de remplir mon été de quelque activité autre que lire et écrire. Bouger et voir des gens m’a bien manqué. Le mois de juillet pas terrible et un mois d’août plein d’eau, je n’en veux plus. J’aviserai, comme on dit. Le bateau ? J’y songe fortement. Une autre façon de voir de l’eau, mais tellement plus sympathique et procurateur de bonheur. Car c’est ça ma philosophie de base. Le bonheur avant tout.
FIN
20:50 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal, au jour le jour, dégâts des eaux, colère







