02.03.2009

Ma Séraphine à moi

J'ai dit dans ma note précédente que j'avais écrit quelque chose sur le film primé aux Césars sur Séraphine Louis. Et Yolande Moreau a mérité amplement son prix. Elle était Séraphine complètement. Séraphine 004.jpg

J'ai donc écrit le Jeudi 4 novembre 2008 :

Plein d'idées d'écriture. Voilà qui est nouveau ! C'est difficile d'organiser tout ça.

Faut commencer par le commencement. Séraphine, le film de Martin Provost je l'ai vu hier aux Studios.

Il y a beaucoup de choses à dire : je le trouvais long mais sans ennui, avec la petite angoisse... que va-t-il se passer ? Enfin, que va devenir Séraphine ? (je n'avais pas regardé dans Internet pour savoir et je suis allée voir le film en toute innocence et dans l'ignorance totale).
Cette femme simple, à l'esprit limité à des choses rituelles (faire le ménage, la cuisine, laver le linge, et le tout pour les autres en étant payée assez chichement - mais elle savait réclamer des augmentations parfois - et qui peignait de si belles choses dans des conditions abominables, la nuit, à la bougie, exaltée par des idées religieuses qui lui étaient propres. Les religieuses de Clermont semblaient plus dans la normalité, à côté.

Bon, c'est mon côté jugement qui a parlé.

Dans le film, il y a des images étonnantes, sombres, lumineuses, la campagne de Senlis superbe. Il y avait des détails infimes que je jugeais importants. Je savais qu'ils étaient importants. Pour plus tard. Comme ses récoltes en tous genre pour fabriquer des couleurs pour ses tableaux.
L'expert allemand Willem Ude (je crois) qui la découvre en tant que peintre ne veut pas la classifier dans un style connu, pas le style naïf ni le style médiéval.
Pourtant, il s'avère que ses tableaux ressemblent à des thèmes de vitraux : fruits, feuilles, fleurs sur des planches de bois puis sur des toiles de 2 mètres de haut.

Sa vie de servante, rustre, travailleuse est rude. Les sous sont difficiles à gagner. Une vie de bête de somme, jusqu'à la découverte de son premier tableau qu'elle confiera à sa principale patronne, jusqu'à ce que le mot "peintre" lui soit donné par cet Allemand si fin et si perturbé entre les deux guerres et à cause des problèmes dû à ces guerres.

Avant 14 il était déjà à Senlis et était servi par Séraphine parce qu'il était locataire de la patronne. Il lui donnera de l'argent avant de partir pour l'Allemagne, et bien sûr l'argent ira principalement chez le marchand de couleurs où Séraphine achète ce qui lui manque pour faire ses tableaux.

La musique accompagne merveilleusement le film. Le spectateur est haletant. Où va-t-on ? On vit avec tous ces personnages qui semblent si vrais, les Allemands, Séraphine, les voisines, la jeune fille tendre qui l'aide à se nourrir quand la grande guerre fait rage.

Après un drame qui la fera interner à vie, le film termine sur une notre plus belle que la vraie fin de vie de Séraphine Louis. Willem lui paie une chambre à l'hôpital de Clermont. Elle y est seule, tranquille sans les autres folles méchantes, les murs sont clairs et une porte-fenêtre donne sur une campagne verte pleine d'herbe où un gros arbre se découpe l'horizon. La vieille chaise de jardin de Senlis est là. Pour elle. Et elle va s'assoir sous l'arbre, après avoir trainé sa chaise.

C'est symbolique, je crois. Car, après, elle mourra en 1942 dans un autre asile, un endroit atroce, en pleine guerre.
Moi, j'avais 10 mois lorsqu'elle est morte. Je me sens liée.

Séraphine 002.jpg



Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://brestetmoi.blogs.letelegramme.com/trackback/38070

Commentaires

Pas vu le film. Voilà un plaisir qui m'attend, que j'ai mis en réserve.

Je partage ta joie quant à la récompense de Yolande !
Bravo, bravissimo !

Ecrit par : Danaussi | 06.03.2009

Je dois retourner le voir. Des films comme ça on peut le faire et y voir des détails oubliés ou bien pas vus. Très belles images et belle ambiance musicale, c'est ce dont je me souviens le plus. Et puis, Yolande est vraiment extra.
A plus

Ecrit par : danbrest142 | 07.03.2009

Ecrire un commentaire