22.06.2009

Il est tard, je sais...

  bougie_1.jpg                            (écrit dans mon autre blog en février 2006 - je l'ai retrouvé pour ma nièce qui m'a visitée et j'ai trouvé que c'était plutôt intéressant. J'ai bien aimé.)

Il est tard, bien sûr, mais je viens de trouver quelque chose que j'ai écrit il y a peu et j'y ai trouvé un certain intérêt. Je vais peut-être enlever certaines phrases ou mots qui pourraient faire du mal à des proches s'ils me lisaient, et puis on verra. Toinou

Mon livre préféré est "Toinou" de Antoine Sylvère, petit garçon Auvergnat élevé dans une ferme. C'est l'histoire d'Antoine Sylvère aussi. L'enfant, né en 1888 a réussi à s'élever dans la vie, et Antoine devint écrivain. J'ai prêté le livre, je ne peux en dire plus.

L'enfance pèse lourd dans la vie de chaque adulte que nous sommes ou bien c'est le tremplin vers une vie réussie.

J'ai eu une enfance heureuse, malgré l'époque, mais de parents un peu absents. Mon père travaillait trop et ma mère bien trop inégale. Ce qui m'a fait trop souffrir. Et l'on s'étonne que les filles de la famille aient des problèmes de couple, pour faire simple. C'est tout. C'est rien. C'est pas grave et c'est grave. Mais qu'y faire ?

Voir les autres ? Prendre des modèles où on peut ? Je n'ai pas eu de mère pour me dire : "Fais gaffe !" Dommage. Elle ne pouvait pas, non plus. Pas de modèle dans sa vie, puisqu'orpheline très jeune. C'est un peu intime ce que je dis, mais ce n'est que l'exacte vérité. Et j'oublie de parler des douleurs que j'ai dû subir, un peu à cause de ma mère. Ma mère sans mère. Sans père exemplaire. Comment faire une vie avec tout ça. Le handicap est lourd.

Comme Sylvère, écrire. Là est mon unique thérapie. Petite fille, ma mère était mon étoile, la chaude personne qui m'était indispensable. Ses absences étaient mortifères, porteuses d'angoisses éternelles. Ses retours triomphants, heureux, chauds comme le pain qui sort du four.

Grandir et partir n'était pas trop souhaitable. Rester petite fille, rester avec elle...

Mais non, il le fallut. Partir avec un homme, cette race si inconnue. Comment agir, comment faire ?  Sais pas. Subir, écouter, obéir, souffrir. Pas vivre.

Pas de frère. Pas de père heureux ou présent. Un père qui fuit, souvent. A la retraite ce sera trop tard. Les filles ont déjà leur vie... pourrie. Les parents deviennent exemplaires... en apparence. La maladie les séparera. Pour toujours. Puis les réunira, dans un autre monde. Débarrassés de leur corps, sont-ils heureux ? Je crois que oui. Enfin, j'espère...

Nous, leurs filles, nous devons vivre, glanant les bonheurs sur ce chemin plus facile que le leur, au milieu des drames du monde, certes, mais avec des livres, des ordinateurs qui ouvrent des fenêtres, des feuilles de toutes sortes, des crayons de toutes les couleurs, des médias qui ne disent pas que des conneries, des musiques, des cadeaux à tous prix, et pas trop d'inquiétudes.

Juste le devoir de faire ce qu'il faut pour nos enfants et petits enfants. Etre là et plus que leur dire qu'on les aime, le leur montrer. Les mots ne suffisent plus. Faire c'est mieux. Fee03

 

 

21.06.2009

Citations et réflexion sur des mots

aaabbbb.gif  J'avais un projet de discussion en groupe sur les thèmes :  peur, courage, souffrance, bonheur.  Je pense que c'était ça.

  Alors j'ai fait un papier sur le sujet en prenant mes petits livres d'or de citations géniales.  Voici :  

  "J'ai bien peur de n'avoir pas le courage de trouver que la souffrance peut générer des petits bonheurs à défaut du grand bonheur (qui est peut-être moins réel que l'on croit.)"

    Anne Franck avait écrit :  "Je réalise à l'instant que le courage et la joie sont deux facteurs vitaux." 

  Il lui a fallu du courage pour accepter sa situation et je sais que l'acceptation fait fleurir de douces joies dans la poitrine et dans la tête.  Dans la vie de tous les jours on peut en faire l'expérience. Pas besoin d'être dans une situation gravissime.

 Stéphane Rousseau (beau garçon Canadien, comique, chanteur à l'occasion) a dit :  "Le bonheur est dans le café du matin, dans les petites attentions, les détails.  Je crois plus aux petits bonheurs qu'au grand.  Et lorsque ça va mal, l'autodérision aide. Au lieu de faire une psychanalyse, je suis monté sur scène."

  Il y a des gens qui se complaisent dans leur souffrance (quelle qu'elle soit) et qui ne guérissent pas.  Mais...

  "La guérison commence dès l'instant où celui qui souffre ne trouve plus de valeur à la douleur."  (un cours de miracle)

   Je pense que ça marche !  

   Voltaire a dit :  "Je suis heureux parce que c'est bon pour la santé."

   Antoine de Saint Exupery voit encore plus loin :  "Si tu veux comprendre le mot bonheur, il faut l'entendre comme récompense et non comme but."

   D'Alembert a dit, sur le bonheur : " Pour jouir de ce bonheur qu'on cherche tant et qu'on trouve si peu, la sagesse vaut mieux que le génie, l'estime que l'admiration et les douceurs du sentiment que le bruit de la renommée."  

    Sagesse - estime - douceur des sentiments

   On a parlé d'autodérision, ai-je eu tort ou ai-je eu raison, j'ai toujours pensé et dit que le Brestois pratiquait l'autodérision en n'étant jamais au premier degré.  J'ai suggéré le 12ème. Mais on aurait pu confondre avec un autre 12ème degré.

       Je garde mes citations rigolotes ou humoristiques pour une autre fois.  Promis.

 chat cool.jpg

18.06.2009

Histoire d'école

 Pennac suite.jpg

 

J'ai acheté récemment  le livre de Daniel Pennac "Chagrin d'école" et j'adore. Le prix en était dérisoire mais le contenu ne l'est certainement pas. En dépit de la grande modestie de l'auteur.

Pennac livre.jpg

Chapître II sous-chapître 21 (page 104) l'auteur a une petite crise. Le livre est-il utile ou pas ? Je l'encourage très fort. Même si je trouve dans le livre des leçons de grammaire que j'ai oubliées ou que je n'ai jamais eues. Au secours !

Pourtant une prof de 5ème disait de moi :  Danièle C.  est une fille très logique.   Oui ?   A cause des analyses logiques dans lesquelles j'étais très bonne.  J'ai un peu changé, je crois.  Bien que la logique soit une bonne chose pour moi.  Enfin, j'essaie...

 

"Bref, on devient.

Mais on ne change pas tellement. on fait avec ce qu'on est.

Voilà qu'à la fin de cette deuxième partie, je m'offre une crise de doute. Doute quant à la nécessité de ce livre, doute quant à mes capacités à l'écrire, doute sur moi-même tout simplement, doute qui s'épanouira bientôt en considérations ironiques sur l'ensemble de mon travail, voire ma vie entière... Doute proliférant... Ces crises sont fréquentes. Elles ont beau être un héritage de ma cancrerie, je ne m'y habitue pas. On doute toujours pour la première fois et j'ai le doute ravageur. Il me pousse vers ma pente naturelle. Je résiste mais de jour en jour je redeviens le mauvais élève que j'essaye de décrire. Les symptômes sont rigoureusement pareils à ceux de mes treize ans : rêverie, procrastination, éparpillement, hyponcondrie, nervosité, délectation morose, sautes d'humeur, jérémiades et, pour finir, sidération devant l'écran de mon ordinateur, comme jadis devant l'exercice à faire, l'interro à préparer... Je suis là, ricane le cancre que je fus.

Je lève les yeux. Mon regard erre sur le Vercors sud. Pas une maison à l'horizon. Ni une route. Ni un individu. Des champs pierreux bordés de montagnes rases où s'épanouissent par-ci par-là des bouquets de hêtres comme des panaches silencieux. Sur tout ce vide bourgeonne immensément un ciel de menace. Dieu que j'aime ce paysage ! Au fond, une de mes grandes joies aura été de m'offrir cet exil qu'enfant je réclamais à mes parents... Cet horizon en deçà duquel nul n'a de comptes à rendre à personne. (Sauf ce petit lapin à cette buse, là-haut, qui a des vues sur lui...) Au désert, le tentateur, ce n'est pas le diable, c'est le désert lui-même : tentation naturelle de tous les abandons.

Bon, ça va comme ça.

arrête ton cirque.

remets-toi au travail."                    Fin de citation.

 

Chapître III sous-chapître 1 (page 115) dialogue vivant entre l'écolier et le prof sur une histoire d'Y.

"- J'y arriverai jamais, m'sieur.

- Tu dis ?

- J'y arriverai jamais !

- Où veux-tu aller ?

- Nulle part ! Je veux aller nulle part !

- Alors pourquoi as-tu peur de ne pas y arriver ?

- C'est pas ce que je veux dire !

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Que j'y arriverai jamais, c'est tout !

- Ecris-nous ça au tableau : je n'y arriverai jamais.

Je ni ariverai jamais.

- Tu t'es trompé de n'y. Celui-ci est une conjonction négative, je t'expliquerai plus tard. Corrige. N'y, ici, s'érit n apostrophe, y. Et arriver prend deux r.

Je n'y arriverai jamais.

- Bon. Qu'est-ce que c'est que ce 'y', 'après toi ?

- Je sais pas.

- Quest-ce qu'il veut dire ?

- Je sais pas.

- Eh bien il faut absolument qu'on trouve ce qu'il veut dire, parce que c'est lui qui te fait peur, ce 'y'.

- J'ai pas peur.

- Tu n'as pas peur ?

- Non.

- Tu n'as pas peur de ne pas y arriver ?

- Non, je m'en branle.

- Pardon ?

- ça m'est égal, quoi, je m'en moque !

- Tu te moques de ne pas y arriver ?

- Je m'en moque, c'est tout.

- Et ça, tu peux l'écrire au tableau ?

- Quoi, je m'en moque ?

- Oui.

Je mens moque.

- M apostrophe en. Là tu as écrit le verbe mentir à la première personne du présent.

Je m'en moque.

- Bon, et ce 'en' justement, qu'est-ce que c'est que ce 'en' ?

- ...

- Ce 'en', qu'est-ce que c'est ?

- Je sais pas, moi... C'est tout ça !

- Tout ça quoi ?

- Tout ce qui me gonfle !"                  Fin de citation.

 

Ah ce Y et le reste ! Qu'est-ce que ça gonfle !

 

" Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d'orthographe par l'exercide de l'orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l'immersion dans le texte, et l'habitude de ne pas réfléchir par le calme renfort d'une raison strictement limitée à l'objet qui nous occupe, ici, maintenant, dans cette classe pendant cette heure de cours, tant que nous y sommes."      Fin de citation

 

Il y a plein de choses dans le livre qui peuvent aider les élèves mais aussi les enseignants actuels. Des situations qui sont arrivées il y a longtemps et qui ont été gérées par des profs plus intéressés par leurs élèves que par leur propre égo.

Je me trouve des envies d'acheter le livre et de l'offrir à une de mes petites filles, au moins. Et envie d'en parler, d'en parler, d'en parler.

A plus...

 

Pennac aujourd'hui.jpg

Toutes les notes