13.07.2009
La vie, la mort, les bizarreries d'aujourd'hui

Bizarrement j'ai démarré un livre de Sagan où il est question d'un quadragénaire à qui son médecin (enfin, le remplaçant de son médecin, qui a une tête de Hamster, selon Françoise) annonce que ses résultats de scanner montrent la présence d'un cancer. Il en a pour six mois, pas plus.
En dépit du sujet, j'ai aimé la légèreté d'écriture de Françoise Sagan et son humour à fleur de mots. Et puis, je trouvais quand même que c'était bizarre cette histoire de cancer. Je me suis méfiée, et je suis allée découvrir la fin. C'était faux. Le médecin (hamster) s'était trompé.
Je lirai quand même le livre, pour la plume de Sagan.
La mort. Oui. J'y pense un peu. Tout le monde y va. Je raconte souvent que, lorsque j'avais trente cinq ans à peu près, mon papa m'avait dit : "Tu sais, ma fille, que je suis condamné." Et je lui avais répondu : "Mais, papa, tout le monde est condamné." Je voulais dire que tout le monde allait mourir, mais on ne savait pas quand.
Et puis, il y a eu l'annonce de la mort de Mickaël Jackson. J'ai pensé : Il a fini de souffrir. Quelle vie il avait. J'avais eu tellement pitié de lui ces derniers temps. J'ai vécu la chose avec calme et tendresse. J'ai regardé la cérémonie à Los Angeles. Il y avait des pompes, mais aussi des sentiments sincères.
Hier, j'ai retrouvé un livre de Catherine Bensaïd (une psy) qui écrit des livres ravissants et plein de bons conseils avec des mots tendres et beaucoup de spiritualité (si on peut dire). Je l'avais lu dans un train, car j'ai retrouvé à la fin du livre des mots écrits par moi pour relater ce qui s'était passé dans le train (je le taperai un de ces jours dans une autre note de blog). Ce devait être en 2003. Peut-être au cours de mon voyage à Nice.
Je me souvenais du livre, mais pas qu'il commençait en parlant de la mort. En fin de livre, j'avais coché énormément de paragraphes positifs sur la vie. Normal. Pourtant, ce qu'elle écrit sur la mort est formidablement intéressant.
Introduction (extraits)
C'était un jeune homme de cinquante ans. Il avait à peine eu le temps d'apprendre à vivre qu'il s'en est allé. En une fraction de seconde, il a laissé sa conscience s'endormir et sa vie lui échapper : sa voiture a heurté un arbre de plein fouet. Lui qui était depuis longtemps habité par le désir de mort, qui avait tenté à maintes reprises, comme ont dit, de mettre fin à ses jours, avait basculé dans l'autre monde à l'instant où il semblait avoir trouvé le bonheur...
La mort conclut l'histoire d'une vie, mais elle fait partie de cette histoire. Pourquoi survient-elle à cet instant-là et de cette façon-là ? "Son temps était venu", dit-on; ou lorsqu'on voit quelqu'un lui échapper, après l'avoir frôlée : - "Ce n'était pas son heure." On cherche des réponses. Tout en sachant que nous n'en trouverons jamais, ni de certaines ni de satisfaisantes...
La mort n'est pas la vie. Mais il n'y a pas de mort sans vie, de vie sans mort. La mort renvoie à cette vie qui se termine: à ce fil tendu entre la naissance et la mort. Comme dit le poète portugais Porchia, dans Voix : "La vie parait deux points, sans points intermédiaires. "Notre regard se porte sur la vie dans son ensemble. Comme la fin d'un livre ou d'un film justifie son existence en lui donnant un sens, la mort donne naissance à un destin. Apparaît une ligne, une courbe, un parcours : une vie. La mort nous fait prendre conscience de la vie.
Catherine Bensaïd finit son introduction en parlant de son expérience avec la mort, celle de ses parents en particulier. Elle termine avec :
La mort de mes parents m'a fait mourir à une part de ma vie. Elle a donné naissance à une part de ma vie. Elle a donné naissance à une autre vie. Les deuils nous font mourir et renaître à nous-mêmes. Tous les deuils font renaître à la vie. A condition de les vivre : de les accepter, de les comprendre, ensuite de les dépasser. Accepter de les vivre, c'est accepter de vivre. Accepter la mort, c'est accepter la vie.
Maintenant, je vis. Que chacun garde à jamais conscience d'être en vie.
Le livre : Je t’aime, la vie 
à plus,
18:42 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, jackson, vie









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