23.10.2009
Souvenirs, souvenirs
Samedi dernier, l'après-midi, j'étais à la Maison de Saint-Pierre pour baigner dans le souvenir des baraques du Brest après guerre. J'étais au Point du Jour pendant cinq ans et ce fut la meilleure partie de mon enfance. La campagne, la liberté, les coutumes saisonnières (les mûres en particulier).
La réunion a duré deux heures, nous étions plus de 100 personnes. Je ne me suis pas rendue compte qu'il faisait chaud, je suis sortie complètement vannée, mais heureuse. J'ai acheté un nouveau livre à Jean Louis Auffret. J'ai appris énormément de nouvelles choses sur Brest. Le pied.
Extrait des écrits sur mon enfance : "On aménage au Polygone (1948-1953)"
L'appartement de la route du Rouisan étant trop petit pour deux parents et trois enfants, nous avons déménagé pour un quartier de baraques construites pour les besoins de l'après-guerre. Là nous était réservé une maisonnette de bois noir dans un quartier appelé le "Point du Jour". Rangée A. (le numéro 12 je crois)
Dans ce quartier construit spécialement pour recevoir, pendant quelque temps, les familles sans toit, il y avait une épicerie, deux boulangeries. Une petite ferme près du "débit vert". Nous avons été quelques fois chercher du lait dans la ferme. Aujourd'hui cette ferme me paraît bien loin de la maison, et j'ai eu peur.... plus tard.
L'école maternelle était placée près du terrain de foot. (terrain qui existe encore près de Carrefour) La petite soeur seule l'a fréquentée, ma grande soeur et moi étions déjà à la grande école, aux Quatre-Moulins.
Il y avait, près de la butte Ouest, une chapelle avec des prêtres plutôt modernes pour l'époque. En bas du Point du Jour c'était la route de Guilers et surtout la campagne. Quelle chance !
Et puis Kervallon avec la Penfeld aux rives vaseuses et son bateau rouillé.
Le fort du Questel et sa route cimentée par les Allemands ont été des terrains de jeux excitants également. Au Questel, il existait des souterrains qui permettaient de quitter le fort sans être vu. Nous faisions régulièrement la visite des souterrains et passions près de cachots immondes qui nous donnaient des frayeurs terribles. Mais quelle joie de sortir à l’air libre dans la campagne verte.
Peu après notre installation, c'est au Polygone butte, près de l'épicerie, que nous avons vu arriver des manèges de chevaux de bois, trop grand pour nous, nous étions encore petites. Mais nous y montions quand même. Beau souvenir que ces chevaux de bois
- J’ai cru rêver lorsque le Carrousel Vénitien est venu place de la Liberté ces dernières années de 1990. Presque le même manège. Ils avaient disparu des fêtes foraines depuis très longtemps. Pourtant je trouve que les chevaux de bois de mon enfance étaient bien plus fougueux que ceux du Carrousel. Peut-être est-ce la musique trop mièvre ?
La nouvelle maison nous apparût bien grande, même si les grandes filles dormaient encore dans le séjour avec le fameux lit pliant. Hélène était toujours dans son lit de bébé dans la chambre des parents. C’était quand même mieux.
Une véritable entrée avec la cuisine en face, Une vraie. le séjour à droite, la chambre des parents vers la gauche. Je me demande bien où était le coin toilette. Mais, nous avons eu une grande baignoire en zinc qu’il fallait remplir avec des seaux d’eau chaude. Quel luxe ! En temps normal, elle était couverte d'une planche de bois. On l'utilisait comme banc.
Maman a fait vite merveille en peignant les murs intérieurs avec de la peinture à l’eau et en faisant des dessins style tapisserie avec un système encore utilisé de nos jours, tamponnage de motifs avec une boule de gros tissus trempé dans une peinture plus foncée.
- En ce qui concerne l'ingéniosité, je ne suis pas sûre que la vie moderne nous ait appris grand-chose.
Un petit appentis, par-derrière, où l’on mettait le bois, le charbon, les outils de jardinage et des tas d’autres choses qui ne pouvaient être dans la maison. Il y avait là les WC à la turque. On l'appelait "le cagibi".
Au bout de la rue, la pompe. Je me souviens d'elle à cause du jour où je me suis brûlé la fesse en m'asseyant sur le fer à repasser encore chaud. Je suis allée, piteusement, passer de l'eau fraîche sur la brûlure. J'avais honte de parler de ma maladresse à Maman. La pompe me voyait arriver, aussi, les jours où je tombais sur les genoux. J'allais les laver sous le jet d’eau.
- Dans les films de l’époque, on voit souvent cette fameuse pompe et les enfants qui jouent avec, arrosant les autres. C’était exactement comme ça. Ces pompes étaient importantes pour les enfants, et...... les parents sans doute, quand il n’y avait pas d’eau courante.
20:19 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : polygone butte, enfance









Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://brestetmoi.blogs.letelegramme.com/trackback/48751
Commentaires
J'y étais par la pensée sûrement ,du haut de mes 4 / 5 ans :
Chaque soir,au retour du car Riou venant de Brest et reconduisant à la maison les marins,margats et ouvriers du port et autres,mon Père (Bâtiment) et mon demi-Frère(arsenal) ,en pension dans une maison familiale ,rue de pontaniou,nous relataient leurs journées,leurs semaines .
Brest d'alors ,celui que vous décrivez si bien : polygone butte,l'oncor...le dépôt ,puis plus tard,plus "grand" (1954) ,pensionnaire à "La croix-rouge" de la rue robespierre,que de promenades à souvenirs par le Bergot,le Bouguen...
Oui j'ai aimé ce Brest là.
De Brest d'aujourd'hui ,Je n'en dirai rien ce matin.
Je n'ai rien à dire ou,plutôt,je me tais,parce que je n'y trouve plus d' "âme". Car Brest avait alors une "âme" !!! =
La Fraternité au quotidien.
Que la vie valait le coup !
Allez,on reste malgré tout : on a tant de choses à dire,à transmettre...
Ecrit par : j'y étais ..ou presque | 24.10.2009
Merci Jean Louis. Je suis désolée pour le retard, mais j'ai bien apprécié votre commentaire.
A bientôt peut-être. J'ai d'autres textes biographiques à transmettre.
Ecrit par : danbrest142 | 02.11.2009
Ecrire un commentaire