02/10/2013

le dernier livre de... Jean d'Ormesson

 

Jean d'Ormesson 001.jpg

J'ai choisi cette photo parce qu'on y voit ses grands yeux bleus.  Et sa fierté d'encore jeune homme. 

    Jean d'Ormesson 002.jpg  Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit   

            (roman)  et pourquoi pas ?

                 ça c'est moi qui dit ça.

 

 

Lire d'Ormesson, un plaisir

 

Je connaissais Jean d'Ormesson avec quelques livres Librio qui parlaient du siècle des Lumières et du XIXème. Un plaisir.

Là, j'ai voulu acheter le dernier livre de Jean d'Ormesson et j'ai vu que le titre faisait suite à un autre et que les deux titres utilisaient une phrase d'Aragon « C'est une chose étrange à la fin que le monde. Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit. »

J'aime Aragon et son écriture délicieuse et particulière. Ses mots utilisés dans les chansons sur des musiques de Ferré ou Ferrat. Des chefs-d'oeuvres de plaisir. Le jour où je mourrai et serai enterrée, j'aimerais que retentisse un chant avec les mots d'Aragon et la voix de Jean Ferrat. Poètes ou « Je me sens pareil au premier lourdaud qu'encore émerveille le chant des oiseaux... » (oublié le titre).. Que dire de « Les yeux d'Elsa ». Un bijou. J'aime beaucoup Aragon. Très fort.

 

Jean d'Ormesson aussi, bien sûr. Il a un style et une écriture très travaillée, superbe, agréable. Il dit que « Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit » son dernier livre est un roman et que les personnages sont inventés. Oui, mais l'auteur ressemble bien à Jean. Envie de dire Jeannot parfois. Comme s'il était mon grand frère. Comme l'Abbé Pierre aurait pu être mon jeune tonton. Quelle famille pour une sans famille. Née dans un monde sans grand-parents. Un père parti à 67 ans et une mère grabataire jusqu'à ses 73 ans durant quelques années. De quoi avoir la tête en vrac. Si le sujet n'était pas aussi négatif, j'écrirai bien un livre « La tête en vrac ». Cela existe ? Ah, bon !

Depuis la mort de ma mère j'essaie de faire travailler ma mémoire. Parfois en vain. Parfois avec succès. J'ai suivi des émissions sur des tests de mémoire et je n'étais pas mal.

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Bon, « Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit », j'ai lu et j'ai toujours envie de retourner dedans depuis. Quel bonheur, mais quel bonheur ! Je ferai un sujet avec une partie du livre que j'ai trouvé très chouette dans la partie RIEN NE CHANGE. En attendant, voici un échange qui se passe à l'Académie Française :

 

' Le jeudi après-midi, je partais m'asseoir quai Conti entre un homme et une femme que j'ai admirés et aimés : Claude Lévi-Strauss et Jacqueline de Romilly. Jacqueline de Romilly avait son franc-parler. Un jour où, à propos de ce sacré dictionnaire et de ses définitions, la discussion, portant sur des pointes d'épingle - « pesant des œufs de mouche, aurait dit Voltaire, avec des toiles d'araignée » -, l'avait un peu irritée, elle se pencha vers moi et me glissa :

    • Dire que nous passons nos dernières années à ces stupidités !

Je lui rappelai, en échange, le bulletin de vote glissé dans l'urne par Victor Hugo lors d'une élection - dont il parle dans Choses vues* - où aucun des candidats ne lui paraissait digne d'estime :

Je ne voterai pas du tout

Car l'envie a semé d'embûches

Pour le génie et pour le goût

Cette urne d'où sortent des cruches.

 

Plus tard, Jean d'Ormesson fit connaître à Jacqueline de Romilly un auteur très drôle Wodehouse auteur britannique... Jean raconte  : Le jeudi d'après ou quinze jours plus tard, je retrouve Jacqueline quai Conti.

    • Ah ! me dit-elle, je ne lis plus que deux auteurs : Thucydide et Wodehouse.'

 

 

(* Je me régale. Je possède le livre de Victor Hugo Choses Vues. Gros livre avec plein de choses intéressantes. J'avais lu «le tas de pierre » de Victor et je ne l'ai jamais retrouvé pour l'acheter. Choses vues le remplace avantageusement).

Quelle mémoire il a Jean d'Ormesson. Je trouve. 

 

A suivre...   


 

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Longtemps j'ai été jeune...   dit-il.  J'adore cette phrase.

 

Mon premier sujet coup de coeur fut sur le moderne : Cela ressemble à ce que je pensais à 17 ans environ. A 18 ans je me suis mariée et je n'ai plus eu l'occasion d'avoir des idées personnelles. Excusez-moi du peu.

   Le piège à éviter, c'est de se jeter dans le moderne. Tout le monde veut être moderne et, comme si ça ne suffisait pas, tout le monde veut être rebelle par-dessus le marché. Pour être au goût du jour, tout le monde cherche à grimper dans le train déjà bondé des  mutins de Panurge...

Le comble du moderne, c'est à la fois de passer pour rebelle, d'avoir le pouvoir et d'être plein aux as. Ah ! bravo !  Quel chic !

   Etre résolument moderne est une tentation que j'ai fini par repousser. Pour la bonne raison que le moderne sent déjà le moisi. 

  -  A mon époque je pensais qu'être à la mode  devenait vite démodé.  En 1959. Dites-donc.

 

Sur le portable etc...  :    La science et la technique ont pris le pas sur la nature, sur le pouvoir, sur la poésie, sur la philosophie et sur la religion.   (Tout ce que j'ai aimé dans ma vie et que j'aime encore - sauf le pouvoir peut-être ? )   Voilà le coeur de l'affaire. Elles ont bouleversé notre vie.

   Très vite, l'immensité se contracte, s'apprivoise, devient mobile et nomade, descend dans la rue, pénètre dans les foyers. Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?  Des puces. Des voitures partout, des avions dans le ciel, des portables aussi nombreux,   ou plus que les êtres humains, des ordinateurs et la Toile. Des mécanismes minuscules, des filaments, des pointes d'épingle ont remplacé les mystères, les esprits cachés un peu partout et les dieux. Le pouvoir et l'argent s'installent sur Internet. Le portable entre nos mains prend la place du chapelet.  Facebook est une communion sans Dieu, mêlée de confession. L'univers sans bornes est tombé sous votre coupe. L'infiniment grand et son jumeau, l'infiniment petit, viennent manger dans votre main. bientôt semées sous votre peau, les puces feront partie de votre corps. Vous serez votre propre robot. Un autre monde est déjà au travail. Tout ce que la science est capable de faire, elle le fera. Un rêve de puissance nous emporte. La physique mathématique et la biologie moléculaire sont la poésie d'aujourd'hui. Ce sont elles qui traduisent et qui façonnent le monde et elles soulèvent chez les jeunes gens l'enthousiasme qui venait hier des poètes.   

Ah, les poètes !  Je les garde.  Ils m'ont formée il y a longtemps avec des anthologies et tous les recueils que je peux avoir. J'ai commencé vers 30 ans au moins, et j'en lis encore.

                                                 

                                     

age de glace 003.jpgJe marche sur la pointe des pieds...  chut,  c'est à suivre... 

 

 

 

 

 

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