25.03.2009

Une journée de ciné

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Hier, dernier jour du Printemps du cinéma. Le matin je prends mon temps avec les mots croisés, les nouvelles, et puis je coche trois films pour l’après-midi.
14h15 - « Marley et moi » au Celtic
16h30 - « Le code a changé » au Celtic
20h - « La femme sans tête » aux Studios

Je ne suis pas fan d’aller voir plusieurs films de suite mais je suis tentée.

La mauvaise marcheuse que je suis se traîne au Celtic pour 14h. Etat d’esprit bon et plutôt ouvert.
Depuis longtemps je me disais et hier je me redisais encore que je n’aimais pas Jennifer Aniston. (Je fuis les rediffusions des « Friends ».) Une idée comme ça.
Je me suis dit que j’irai quand même voir « Marley ». J’avais lu le livre de John Grogan il y a quelque temps. Et j’avais adoré. Le chien, le style de John Grogan, l’histoire. Généralement, je suis très film avec des animaux et/ou des enfants. C’est un livre de journaliste chroniqueur, et c’est toujours extra en film. Marley et moi 001.jpg

Bon, c’est parti. Je marche vers le Celtic. La rue monte très fort et c’est toujours trop dur. Fatiguant. Mais la tête a des ailes et aide le corps à se pousser. Même si la veille j’ai eu mon heure de sport qui généralement me donne mal partout le lendemain. J’avais vu « Ricky » juste avant à l’Image à Plougastel aussi.
J’avais dit au revoir au chat. Je partais pour deux films.
Je me suis trouvée bien dans mon fauteuil super-confortable. Le film pouvait commencer.
J’ai tout de suite retrouvé l’esprit du livre et l’histoire partait vivement avec ce jeune couple qui voulait avoir un jour des enfants et qui pensait que la bonne idée était d’élever un chien en attendant.
Et quel chien ! Petite boule au poil clair aux yeux comme des boutons de bottines sombres qui mangeait tout ce qui lui passait sous le nez transformant très vite le petit chien en gros chien dynamique dont les parents (inconnus) semblaient un compromis entre monstre et labrador mal élevé. Apparemment, une erreur de la nature. John disait que c’était le pire chien du monde. A la fin de sa vie, il deviendra le meilleur chien du monde, selon John.

J’ai souffert pour John qui a beaucoup assumé (avec ses patrons entre autres choses - ah, les journalistes ! ) : les bêtises du chien, les naissances des trois bébés et l’humeur de Jenny.

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Et puis, j’ai été heureusement surprise par Jennifer Aniston qui était épatante, belle, incomparable, humaine. Rien à voir avec le rôle de Rachel dans Friends.
Une femme normale, saine, jolie, tendre et pleine d’amour pour tous les siens, chien y compris.

J’ai adoré, adoré, adoré… pleuré à inonder mes joues et mon cou. Sans inonder le fauteuil, heureusement.

D’avoir lu le livre ne m’a pas gênée, du tout. Mais je reconnais que je le relirai avec plaisir à nouveau si j’ai la chance de remettre la main dessus. Je n’ai, apparemment, pas le don du rangement des livres.

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Je suis sortie en me disant que je n’allais pas gâcher mon état heureux par un autre film trop différent… français… non, pas envie.
Rentrée chez moi, j’ai allumé la télé et j’ai vu la fin de «Morrie, leçon de vie » un trésor de téléfilm avec Jack Lemmon. Voir mon blog du 17/10/2007.

Je ne suis pas sortie le soir, non plus. Je suis restée chez moi avec mon Marley à moi, du genre félin, mais de la même couleur, et infiniment plus sage. Il vieillit, il boîte. Moi aussi, parfois. Un partout.

Bien sûr, Marley est mort, Morrie aussi. Mais mon chat et moi nous sommes encore vivants. Douce soirée. Super bien dormi. Pour une fois.

« Marley et moi » ? Faut y aller, faut y aller, faut y aller…

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02.03.2009

Ma Séraphine à moi

J'ai dit dans ma note précédente que j'avais écrit quelque chose sur le film primé aux Césars sur Séraphine Louis. Et Yolande Moreau a mérité amplement son prix. Elle était Séraphine complètement. Séraphine 004.jpg

J'ai donc écrit le Jeudi 4 novembre 2008 :

Plein d'idées d'écriture. Voilà qui est nouveau ! C'est difficile d'organiser tout ça.

Faut commencer par le commencement. Séraphine, le film de Martin Provost je l'ai vu hier aux Studios.

Il y a beaucoup de choses à dire : je le trouvais long mais sans ennui, avec la petite angoisse... que va-t-il se passer ? Enfin, que va devenir Séraphine ? (je n'avais pas regardé dans Internet pour savoir et je suis allée voir le film en toute innocence et dans l'ignorance totale).
Cette femme simple, à l'esprit limité à des choses rituelles (faire le ménage, la cuisine, laver le linge, et le tout pour les autres en étant payée assez chichement - mais elle savait réclamer des augmentations parfois - et qui peignait de si belles choses dans des conditions abominables, la nuit, à la bougie, exaltée par des idées religieuses qui lui étaient propres. Les religieuses de Clermont semblaient plus dans la normalité, à côté.

Bon, c'est mon côté jugement qui a parlé.

Dans le film, il y a des images étonnantes, sombres, lumineuses, la campagne de Senlis superbe. Il y avait des détails infimes que je jugeais importants. Je savais qu'ils étaient importants. Pour plus tard. Comme ses récoltes en tous genre pour fabriquer des couleurs pour ses tableaux.
L'expert allemand Willem Ude (je crois) qui la découvre en tant que peintre ne veut pas la classifier dans un style connu, pas le style naïf ni le style médiéval.
Pourtant, il s'avère que ses tableaux ressemblent à des thèmes de vitraux : fruits, feuilles, fleurs sur des planches de bois puis sur des toiles de 2 mètres de haut.

Sa vie de servante, rustre, travailleuse est rude. Les sous sont difficiles à gagner. Une vie de bête de somme, jusqu'à la découverte de son premier tableau qu'elle confiera à sa principale patronne, jusqu'à ce que le mot "peintre" lui soit donné par cet Allemand si fin et si perturbé entre les deux guerres et à cause des problèmes dû à ces guerres.

Avant 14 il était déjà à Senlis et était servi par Séraphine parce qu'il était locataire de la patronne. Il lui donnera de l'argent avant de partir pour l'Allemagne, et bien sûr l'argent ira principalement chez le marchand de couleurs où Séraphine achète ce qui lui manque pour faire ses tableaux.

La musique accompagne merveilleusement le film. Le spectateur est haletant. Où va-t-on ? On vit avec tous ces personnages qui semblent si vrais, les Allemands, Séraphine, les voisines, la jeune fille tendre qui l'aide à se nourrir quand la grande guerre fait rage.

Après un drame qui la fera interner à vie, le film termine sur une notre plus belle que la vraie fin de vie de Séraphine Louis. Willem lui paie une chambre à l'hôpital de Clermont. Elle y est seule, tranquille sans les autres folles méchantes, les murs sont clairs et une porte-fenêtre donne sur une campagne verte pleine d'herbe où un gros arbre se découpe l'horizon. La vieille chaise de jardin de Senlis est là. Pour elle. Et elle va s'assoir sous l'arbre, après avoir trainé sa chaise.

C'est symbolique, je crois. Car, après, elle mourra en 1942 dans un autre asile, un endroit atroce, en pleine guerre.
Moi, j'avais 10 mois lorsqu'elle est morte. Je me sens liée.

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30.06.2008

Tabarly for ever

J’ai vu un film, et c'est la fête du cinéma. Cela me donne l'occasion de voir plusieurs films sur trois jours. C'est très chouette.
Et puis... j'ai été voir "Tabarly" pour commencer. Une idée comme ça. J'aimais beaucoup cet homme que j'ai plus ou moins suivi dans les années 60 et 70. Quand j'étais jeune.
Le fait que le film soit produit par Jacques Perrin était de bonne augure. Yann Tiersen pour la musique, super !

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Bizarrement, j'ai cru entendre au début du film un arrangement de Tiersen sur la mélodie de Fanny de Laninon. Je connais la chanson. Mon beau-frère chantait cette chanson à tous les repas de famille aux alentours de 1960. C'est vieux, mais c'est ancré dans mes souvenirs. Au début du film, la musique était très jolie et accompagnait les images du vieux Pen Duick. J'étais charmée. voir en fin de note : Yann Tiersen.

Les différents monocoques Pen Duick de couleurs noire et blanche très brillants me faisaient songer à une superbe baleine de la même couleur. J'ai toujours aimé ces bêtes.

La vie d'Eric Tabarly s'est déroulée devant nos yeux et dans nos oreilles avec ses courses (vent fort et mer terrible) et ses records (présidés par plus de modestie encore), puis sa petite vie de famille avec une femme très intelligente et douce et une petite fille naturelle et forte. C'était très beau. Une envie d'acheter le DVD lorsque ce sera possible.
C’est alors que je me souviens avoir enregistré sur cassette vidéo une émission sur Tabarly. Belles images, belle mer, belle histoire. Thalassa, peut-être ? Mon lecteur vidéo a bien vieilli et je suis inondée de cassettes vidéo que je ne peux pas voir. Je le crains.

A la fin du film, émotion à la barre. Pour le centenaire de Pen Duick, fête en Bretagne avant d'aller en Irlande pour une raison bien précise : le vieux Pen Duick a été fabriqué par un fameux irlandais (?).
Au cours d'un repas de fête, Eric chante "Fanny de Laninon", la caméra le filme jusqu'au bout, jusqu'au fameux "trou dans l'eau". Je suis émue, de l'eau salée au bord des yeux.
Juste après la fin de la chanson tombe le communiqué de la mort d'Eric, tombé à l'eau et perdu en mer dans la mer d'Irlande, bêtement, mais peut-être en accord avec ce qu'il a dit sur sa mort éventuelle. C'est la mort qu'il s'est souhaité. Dans la mer.

Le générique est arrivé, j'ai essayé de calmer mon chagrin. Pourquoi suis-je sensible comme ça ? Je ne sais pas bien. Je cherche.

En tous cas, il faut voir le film. Vraiment ! Moi, j'ai adoré.

Trouvé sur Internet :
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Encore plus que par le grand navigateur, Yann Tiersen est frappé par le personnage. « Des gens comme lui, il n'y en a plus beaucoup. Avec une franchise dans le propos. Une honnêteté. Une intégrité. » Il décide de mettre une parenthèse à son travail en cours et « d'enregistrer un portrait instrumental du bonhomme ».
« M'imprégner du personnage »
Comme souvent, avec le musicien, cela ne vient pas immédiatement, dans la foulée. « Je m'étais engagé, mais je n'y arrivais pas trop. Il a fallu que je m'imprègne du personnage. Pour lui rendre une sorte d'hommage. » C'est à Ouessant, où Yann Tiersen se réfugie dès qu'il le peut, que les musiques vont naître. En décembre. Sur une période très courte. « Je n'avais plus touché au piano depuis deux ans. D'autant que je ne l'utilise pas trop pour le prochain album. Je m'y suis remis. Et cela donne des morceaux assez épurés. J'ai aussi utilisé le thème d'une chanson de Pierre Mac Orlan que Tabarly interprète : Fanny de Laninon. Pendant un mois, j'ai l'impression d'avoir quasiment vécu avec Tabarly. »
(Extrait d’un article dans Ouest-France)

06.06.2008

Deux jours à tuer

Aujourd'hui est un jour pour moi. Rien de prévu. Sauf :
- acheter des chaussures blanches pour marcher en ville
- faire mon shampoing colorant, mes racines sont immondes.

Rien que d'avoir, au moins, ces deux projets superficiels et non vitaux, je me sens dans un état de bonheur.

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Hier ? Je n'avais que l'atelier de cuisine précédé des révisions nécessaires sur la diététique. C'était bien. J'avais mémorisé des choses importantes qui m'avaient frappé, en fait.
J'étais mieux grâce à la reprise de mes antidouleur. État bienheureux et douleurs en train de disparaître.
Seul problème physique, le cœur, et les essoufflements lorsque je marche trop vite.

Comme j'étais bien, j'ai voulu aller au cinéma pour un autre bonheur.
Je me suis décidée, comme ça. J'avais vu la bande annonce sur l'ordi et j'ai été conquise.
"Deux jours à tuer" avec Albert Dupontel, cet acteur si naturel. Pas spécialement beau, mais irrésistiblement touchant.
J'ai adoré ! 6b250c7db875b62eaa97a7d598a0817f.jpgce1285b7459557249488682fd4586860.jpg


Habituellement, j'ai du mal à me traîner au cinéma. Ce n'est jamais le bon jour, ni la bonne heure. Alors ne n’y vais pas souvent.
Les sous c'est moins important. Je suis capable de me priver de nourriture terrestre pour privilégier une nourriture de l'esprit ou du cœur (si je peux utiliser ce mot pour les sentiments sans penser à ce foutu muscle qui m'embête).
Le personnage : Antoine alias Albert Dupontel.
Je savais d'avance qu'il y aurait de superbes paysages qui se sont trouvés être des paysages d'Irlande (merveilleux).
Antoine prend un auto-stoppeur et le débarque à Valognes en Normandie. Je me crois en Bretagne. Cela ressemble fort.
Il prend le bateau pour l'Irlande avec sa voiture. 3b7412153ec7632b365d2ef987addd4d.jpg2b132c19eb96f0926517036e24cca459.jpg

Les couleurs d'Irlande semblent irréelles sur les cartes postales. En fait, les couleurs impossibles sont réelles. Je le sais. Et c'est vrai que ces images me semblaient familières. Et cela m'envahissait complètement me faisant toucher du doigt un bonheur que j'avais oublié ces derniers temps. Je ne pensais pas possible d'être bien.

Quant à l'histoire, sans vouloir tout ramener à moi, j'ai pressenti (sans le savoir) la vraie raison d'Antoine qui disait à chacun sa vérité.
La vérité est quelque chose d'impossible mais dire aux proches leur vérité c'est plutôt leur présenter la facette que l'on voit d'eux. C'est une tentation qui peut arriver à un moment de sa vie. Je n'en étais pas choquée. Je comprends, même. Même si toute vérité n'est pas bonne à dire. Quoique !

Enfin, oui, je comprends. Ou on parle, ou on s'éloigne. Et en fait, on s'éloigne plutôt.

Antoine est parti, après des mots durs et définitifs avec ses proches pour rejoindre son père en Irlande. Père parti depuis très longtemps. Etc... Bien sûr, le père reçoit les mots qui lui revenaient.

Et puis, arrive l'inattendu, l'indicible craquelure qui dévoile la vraie vérité dans le décor simple et rustique de la petite maison anglo-saxonne au confort rudimentaire.
Fait pas chaud, l'eau est glacée, mais le fils se remet entre les mains du vieux père (Pierre Vaneck, superbe)
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Père, qui, à une époque est parti pour ne pas faire de peine... en parlant. Vivre avec les autres n'est pas toujours chose facile.

La fin est émouvante. J'ai craqué, pleuré, presque sangloté. J'étais seule dans la salle, sans le savoir. Puis, j'ai attendu presque la fin du générique pour me lever, me redresser douloureusement.
En même temps, j'étais comme neuve. Le coeur ouvert. Pleine de moi. J'ai pensé à la mort. J'étais triste... mais humaine.