30.06.2008

Tabarly for ever

J’ai vu un film, et c'est la fête du cinéma. Cela me donne l'occasion de voir plusieurs films sur trois jours. C'est très chouette.
Et puis... j'ai été voir "Tabarly" pour commencer. Une idée comme ça. J'aimais beaucoup cet homme que j'ai plus ou moins suivi dans les années 60 et 70. Quand j'étais jeune.
Le fait que le film soit produit par Jacques Perrin était de bonne augure. Yann Tiersen pour la musique, super !

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Bizarrement, j'ai cru entendre au début du film un arrangement de Tiersen sur la mélodie de Fanny de Laninon. Je connais la chanson. Mon beau-frère chantait cette chanson à tous les repas de famille aux alentours de 1960. C'est vieux, mais c'est ancré dans mes souvenirs. Au début du film, la musique était très jolie et accompagnait les images du vieux Pen Duick. J'étais charmée. voir en fin de note : Yann Tiersen.

Les différents monocoques Pen Duick de couleurs noire et blanche très brillants me faisaient songer à une superbe baleine de la même couleur. J'ai toujours aimé ces bêtes.

La vie d'Eric Tabarly s'est déroulée devant nos yeux et dans nos oreilles avec ses courses (vent fort et mer terrible) et ses records (présidés par plus de modestie encore), puis sa petite vie de famille avec une femme très intelligente et douce et une petite fille naturelle et forte. C'était très beau. Une envie d'acheter le DVD lorsque ce sera possible.
C’est alors que je me souviens avoir enregistré sur cassette vidéo une émission sur Tabarly. Belles images, belle mer, belle histoire. Thalassa, peut-être ? Mon lecteur vidéo a bien vieilli et je suis inondée de cassettes vidéo que je ne peux pas voir. Je le crains.

A la fin du film, émotion à la barre. Pour le centenaire de Pen Duick, fête en Bretagne avant d'aller en Irlande pour une raison bien précise : le vieux Pen Duick a été fabriqué par un fameux irlandais (?).
Au cours d'un repas de fête, Eric chante "Fanny de Laninon", la caméra le filme jusqu'au bout, jusqu'au fameux "trou dans l'eau". Je suis émue, de l'eau salée au bord des yeux.
Juste après la fin de la chanson tombe le communiqué de la mort d'Eric, tombé à l'eau et perdu en mer dans la mer d'Irlande, bêtement, mais peut-être en accord avec ce qu'il a dit sur sa mort éventuelle. C'est la mort qu'il s'est souhaité. Dans la mer.

Le générique est arrivé, j'ai essayé de calmer mon chagrin. Pourquoi suis-je sensible comme ça ? Je ne sais pas bien. Je cherche.

En tous cas, il faut voir le film. Vraiment ! Moi, j'ai adoré.

Trouvé sur Internet :
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Encore plus que par le grand navigateur, Yann Tiersen est frappé par le personnage. « Des gens comme lui, il n'y en a plus beaucoup. Avec une franchise dans le propos. Une honnêteté. Une intégrité. » Il décide de mettre une parenthèse à son travail en cours et « d'enregistrer un portrait instrumental du bonhomme ».
« M'imprégner du personnage »
Comme souvent, avec le musicien, cela ne vient pas immédiatement, dans la foulée. « Je m'étais engagé, mais je n'y arrivais pas trop. Il a fallu que je m'imprègne du personnage. Pour lui rendre une sorte d'hommage. » C'est à Ouessant, où Yann Tiersen se réfugie dès qu'il le peut, que les musiques vont naître. En décembre. Sur une période très courte. « Je n'avais plus touché au piano depuis deux ans. D'autant que je ne l'utilise pas trop pour le prochain album. Je m'y suis remis. Et cela donne des morceaux assez épurés. J'ai aussi utilisé le thème d'une chanson de Pierre Mac Orlan que Tabarly interprète : Fanny de Laninon. Pendant un mois, j'ai l'impression d'avoir quasiment vécu avec Tabarly. »
(Extrait d’un article dans Ouest-France)

06.06.2008

Deux jours à tuer

Aujourd'hui est un jour pour moi. Rien de prévu. Sauf :
- acheter des chaussures blanches pour marcher en ville
- faire mon shampoing colorant, mes racines sont immondes.

Rien que d'avoir, au moins, ces deux projets superficiels et non vitaux, je me sens dans un état de bonheur.

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Hier ? Je n'avais que l'atelier de cuisine précédé des révisions nécessaires sur la diététique. C'était bien. J'avais mémorisé des choses importantes qui m'avaient frappé, en fait.
J'étais mieux grâce à la reprise de mes antidouleur. État bienheureux et douleurs en train de disparaître.
Seul problème physique, le cœur, et les essoufflements lorsque je marche trop vite.

Comme j'étais bien, j'ai voulu aller au cinéma pour un autre bonheur.
Je me suis décidée, comme ça. J'avais vu la bande annonce sur l'ordi et j'ai été conquise.
"Deux jours à tuer" avec Albert Dupontel, cet acteur si naturel. Pas spécialement beau, mais irrésistiblement touchant.
J'ai adoré ! 6b250c7db875b62eaa97a7d598a0817f.jpgce1285b7459557249488682fd4586860.jpg


Habituellement, j'ai du mal à me traîner au cinéma. Ce n'est jamais le bon jour, ni la bonne heure. Alors ne n’y vais pas souvent.
Les sous c'est moins important. Je suis capable de me priver de nourriture terrestre pour privilégier une nourriture de l'esprit ou du cœur (si je peux utiliser ce mot pour les sentiments sans penser à ce foutu muscle qui m'embête).
Le personnage : Antoine alias Albert Dupontel.
Je savais d'avance qu'il y aurait de superbes paysages qui se sont trouvés être des paysages d'Irlande (merveilleux).
Antoine prend un auto-stoppeur et le débarque à Valognes en Normandie. Je me crois en Bretagne. Cela ressemble fort.
Il prend le bateau pour l'Irlande avec sa voiture. 3b7412153ec7632b365d2ef987addd4d.jpg2b132c19eb96f0926517036e24cca459.jpg

Les couleurs d'Irlande semblent irréelles sur les cartes postales. En fait, les couleurs impossibles sont réelles. Je le sais. Et c'est vrai que ces images me semblaient familières. Et cela m'envahissait complètement me faisant toucher du doigt un bonheur que j'avais oublié ces derniers temps. Je ne pensais pas possible d'être bien.

Quant à l'histoire, sans vouloir tout ramener à moi, j'ai pressenti (sans le savoir) la vraie raison d'Antoine qui disait à chacun sa vérité.
La vérité est quelque chose d'impossible mais dire aux proches leur vérité c'est plutôt leur présenter la facette que l'on voit d'eux. C'est une tentation qui peut arriver à un moment de sa vie. Je n'en étais pas choquée. Je comprends, même. Même si toute vérité n'est pas bonne à dire. Quoique !

Enfin, oui, je comprends. Ou on parle, ou on s'éloigne. Et en fait, on s'éloigne plutôt.

Antoine est parti, après des mots durs et définitifs avec ses proches pour rejoindre son père en Irlande. Père parti depuis très longtemps. Etc... Bien sûr, le père reçoit les mots qui lui revenaient.

Et puis, arrive l'inattendu, l'indicible craquelure qui dévoile la vraie vérité dans le décor simple et rustique de la petite maison anglo-saxonne au confort rudimentaire.
Fait pas chaud, l'eau est glacée, mais le fils se remet entre les mains du vieux père (Pierre Vaneck, superbe)
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Père, qui, à une époque est parti pour ne pas faire de peine... en parlant. Vivre avec les autres n'est pas toujours chose facile.

La fin est émouvante. J'ai craqué, pleuré, presque sangloté. J'étais seule dans la salle, sans le savoir. Puis, j'ai attendu presque la fin du générique pour me lever, me redresser douloureusement.
En même temps, j'étais comme neuve. Le coeur ouvert. Pleine de moi. J'ai pensé à la mort. J'étais triste... mais humaine.