02.08.2008
Grains de pluie et éclaircies
Si j'aime apercevoir un coin de bleu après des jours et des jours de gris, je ne me plains pas de baigner dans la fraîche humidité d'un ciel chargé de sombre.
La chaleur ne me va pas. Plus. Mon corps va mal avec la chaleur. Alors, un jour où l'air est frais et mouillé (sans trop) je suis comme un poisson dans l'eau.
J'aime l'impression d'être dans le bocal, comme sur la photo.
Jeudi en journée (j'écrivais cette note sur mon cahier) j'avais du regret pour les Jeudis du Port. Ils avaient eu un temps si idyllique l'an dernier que j'avais de la peine pour ce premier soir, avec Michel Fugain en plus.
Moi, l'an dernier, j'étais contente pour eux. Je n'y avais pas mis les pieds. Pas l'ombre d'un.
Je voulais m'y rendre et j'espérais réussir à le faire.
Oui, oui, j'y ai été. Merveilleux Michel, mais mon satané dos m'a fait rentrer un peu tôt. C'était super. Voir dans le Télégramme d'aujourd'hui.
Jeudi, donc, avant l'éclaircie qui a permis une soirée super à beaucoup, le temps était moche. J'avais remarqué que le matin à 6h il fait drôlement sombre. Et aussi, que les seuls cris d'oiseaux que l'on entend ce sont les cris des goélands qui survolent les rues de la ville. On dirait bien que les petits oiseaux du châtaigner d'à côté sont partis je ne sais où. Je les regrette bien.
Même mes géraniums n'ont pas bonne mine, trempés, mouillés plus qu'il n'en faut, ils se déglinguent. Se noieraient-ils donc ?
C'est un temps à écrire un poème, tiens. Une pensée émue à MP ma bonne poéteuse amie :
Poème pour un matin mouillé
Le chat sur moi
ça va bien
ma tête est libre
ce matin
Plus rien ne vibre
c'est serein.
Au dehors, le ciel
est tout noir
même mon réveil
a le cafard
et les abeilles
broient du noir.
Le chat me tend une patte
Est-ce l'heure ?
mon coeur se fend
de bonheur
mon corps se détend
pas de peur.
Les géraniums sont pas contents
des cieux
la pluie empêche de respirer
grands dieux
tant pis, demain faut espérer
ce sera mieux.
C'est enfantin, mais ça fait du bien.
A plus,

11:25 Publié dans Emotion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pluie, poésie, bonheur, éclaircie, Jeudis du Port, enfantin
26.06.2008
le bonheur dans la vie
J'ai piqué cette note de mon blog dans Psychologies.com que j'ai abandonné depuis quelque temps. C'était en avril 2008 : 
"Il peut arriver à chacun de se sentir, intérieurement, comme s'il traversait des déserts arides (ah là là, c'est tout moi ça, par moment) : il n'a plus le goût ni le désir de quoi que ce soit (oui, oui), tout lui devient fade, étranger, vide. Cet état est le plus grave dans lequel un être humain puisse tomber. Le plus grave, ce n'est pas de subir des échecs, d'être malade, ruiné (tout va bien jusque là, je me sens bien, malgré que j'ai presque eu tout ça), mais de ne plus avoir d'amour, d'élan, de foi, de perdre le sens de la vie. (Le sens de la vie, oui, c'est une excellente idée). Il faut donc penser à préparer en soi-même les éléments indispensables pour affronter ce genre de situations."

La personne qui a écrit ce texte est O. M. Aïvanhov, un sage originaire de Bulgarie qui est mort depuis pas mal d’années. J'aimais beaucoup ses cheveux et barbe immaculés, son allure, quoi ! En fait, ses pensées d'une page pour chaque jour sont souvent formidables. Il a un énorme bon sens, et beaucoup de spiritualité. Je ne suis pas exactement d'accord avec sa théorie de la réincarnation. Donc, je zappe dans ce cas-là. Mais souvent ses conseils sont très forts. Donc difficiles.
Mais enfin, la facilité n'est pas ce qu'il y a de mieux. Cela me fait penser aux pensées Zen que j'ai étudiées il y a quelques années. C'était une autre façon de voir les choses. Je passe. Et puis, je suis retombée dans un livre de Jacques Duquesne (un vieux, quoi) qui m'a beaucoup plu il y a quelques années. Je parle du livre. Je l'avais laissé, oublié, et puis... je le retrouve. Je cite : 'Albert Camus... a dit quelque part : - Si j'avais à écrire un livre de morale, il aurait cent pages. Quatre-vingt-dix-neuf seraient blanches et sur la dernière j'écrirais : "Je ne connais qu'un seul devoir, c'est d'aimer..." '
Andrée Chedid, dans un très joli poème, donne peut-être la recette. Il faut toujours être aux aguets, prêt à recevoir, à accueillir, à saisir toutes les bontés de la vie. Ce poème a pour titre, justement, "Saisir" :
Recueillir le grain des heures
Etreindre l'étincelle
Ravir un paysage
Absorber l'hiver avec le rire
Dissoudre les nœuds du chagrin
S'imprégner d'un visage
Moissonner à voix basse
Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Écouter l'océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire des miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d'amitié.
Celui qui sait ainsi cueillir les roses de la vie n'aura rien à regretter quand viendra son terme, constatait Claude Roy, deux ans avant de mourir : Je sais bien que tout ça est un peu mélancolique et pourtant je sais que si le temps me verse à la fin comme il est normal et pas vraiment injuste dans le cadre de réserve des anciens combattants je garderai un bon souvenir de tout le velouté du monde la peau des abricots les joues des jeunes filles l'odeur de la lavande la langue toscane de Dante le français de Maître François Villon et la fourrure de mon chat qui ronronne près de moi.
Jacques Duquesne dit qu'aimer la vie permet de regarder la mort en face. Et il raconte les derniers moments de Jenny l'amoureuse d'Oliver Barrett IV dans "Love story". Je ne l'ai pas lu, mais j'ai beaucoup entendu les mots à la radio. Le chapitre sur l'amour de la vie finit avec ça : " Merci Ollie. Ce furent ses dernières paroles." Elle semblait si vivante lorsqu'elle parlait avec Oliver. J'ai été surprise. Mais la mort c'est ça. Cela arrive d'un coup, quand le moment est arrivé et que tout a été dit. (Je pense aussi à Chantal Sébire. Les dernières images que j'ai vu d'elle, j'ai pensé : comme elle a l'air fatiguée, usée, au bout du rouleau. Il semble qu'un souffle peut la faire tomber. Aussi gringalette qu'elle était, je n'imaginais pas qu'elle puisse durer longtemps. Et j'ai pensé que c'était un peu tard tout ce tintouin à la télé et dans les journaux. Bizarre !
A plus.

00:45 Publié dans Emotion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spleen, amour de la vie, psychologie, mort
18.10.2007
Morrie en poésie
J'avais écrit. Ce n'était pas génial. J'ai extrapolé, en plus. Morrie ne croyait pas en une autre vie. Ce n'était pas important pour lui. Mais, tant pis.

Morrie
Je sens dans mon corps la fuite du temps
Flux mouvants, muscles fuyants.
Je regarde par la fenêtre
Au coeur de l'orage
L'érable sage
Tout ruisselant
Dans son feuillage
Embrasé.
Je suis bien las
Et j'écoute
De ma couche
L'adagio de la pluie
Symphonie de l'ennui.
Les oiseaux sont bien cachés
Le regard étoilé
Ils ont peur
Comme j'ai peur.
Je rêve
D'un ciel clair
De la vie
Après la pluie
Après la vie
Et j'espère...
Une autre vie.

Morrie était bien plus que ce petit poème. Bien plus. Il n'avait pas peur. Il était un exemple. Il apprenait à ceux qui l'entouraient la "leçon de la vie". C'est encore autre chose.
Vivement le livre !
11:11 Publié dans Emotion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, vie, mort, courage
17.10.2007
Morrie, la dernière leçon

Hier, profitant d'une bienheureuse (?) indisposition physique, j'ai pris la décision de ne pas aller faire de gym. Je me suis collée dans le canapé pour regarder un téléfilm qui me faisait de l'oeil gravement. Déjà vu deux fois. "Morrie, une leçon de vie".
Je me sentais trop trop malade, profondément malade. Pourquoi ? Je ne saurais le dire.
Mais, quel bonheur j'ai reçu, douloureux bonheur peut-être, mais leçon de vie par la mort lente d'un vieux sage qui dialogue avec un ancien élève ayant bien du mal avec sa propre vie.

J'avais gardé en mémoire la scène de la pluie sur l'érable près de la fenêtre où se tenait le vieux et puis le soleil entre les gouttes qui l'éclairait. Soleil d'automne, pluie dégoulinante, feuilles d'érable rougeoyantes, amour vivant dans les yeux, agonie du corps qui lâche. Douceur du moment.
J'en avais fait un poème. Mis dans un concours, il n'a eu aucun succès. La mort ne paie pas.
En fait, le vieux et le jeune se voyaient depuis le printemps. La mort est arrivée en hiver, un samedi juste après la lente chute des flocons qui ouataient l'air de leur douceur silencieuse. J'avais oublié.
" On doit s'aimer les uns les autres, sinon mourir " disait-il souvent, par la bouche de Jack Lemmon l'acteur merveilleux qui incarna Morrie.
Ne pas avoir peur de la mort, a-t-il appris au jeune loup Mitch. La vie est plus difficile que la mort. Surtout si on la complique (c'est ce que j'ai compris).
Si le livre existe, j'aimerais l'avoir, à cause de tous les mots qui s'y disent, de la tendresse qu'on y ressent.

J'étais malade hier, avant le téléfilm. Je ne l'étais pas vraiment, après.
Comme Morrie, qui aimait les bonnes choses dans la mesure où son corps le lui permettait, j'ai mangé du chocolat aux amandes. Un plaquette plus petite que la paume de ma main (mais j'ai de grandes mains). Avec un verre de lait, j'ai croqué le chocolat. Tout en me repaissant de cette leçon de vie, leçon d'amour.
Etant vieux, Jack Lemmon a incarné de très beaux personnages. Des vieux. Je lui en rends grâce pour ces moments de bonheur.
Le côté curieux de l'histoire était que le jeune Mitch était journaliste sportif - cela m'a fait penser à des choses très actuelles.
Dès ses premiers échanges avec Morrie, on voyait bien qu'il répugnait à poursuivre les sportifs vedettarisés afin de récolter des nouvelles indignes : qui couche avec qui ? qui se drogue ? La presse sportive, comme une meute de chiens pistait les proies, en quête de sensationnel.
Entre Morrie, avec sa vision tendre de la vie, et cette mauvaise façon de faire du journalisme, Mitch se posait des questions. Il finit par quitter son job pour se consacrer plus au vieux mourant.
Après la mort du maître, il reprit sa profession avec une autre vision de la vie. Quelque chose de plus positif. Quelle leçon, n'est-ce pas ?
Sans se mentir à soi-même, pourquoi ne pas voir la vie autrement que par le prisme de la critique ou de la négativité.
Non, tout le monde n'est pas beau, ni gentil. Mais le monde de Morrie est bien plus heureux.
"Nous devons nous aimer les uns les autres, sinon vaut mieux mourir" disait-il. En plus, il n'y avait nulle évocation de religion dans cette histoire. Non. Seule l'intelligence et le désir de vivre une vie nourrie d'un peu de passé tout en sachant que la mort n'est pas quelque chose de grave éclaire ce téléfilm basé sur une histoire réelle. Pas l'ombre d'un ange, de quoi que ce soit du genre. Juste de belles images, des émotions à vous couper le souffle, des sentiments très tendres et une douceur de vivre dans les derniers instants d'un vieux malade.
Ah ! je vais choquer avec cette mort, peut-être, encore. Mais tant pis.
Je me demande pourquoi je ne me sentais pas bien hier, et avant, et encore avant. Il est possible que je fatigue de la méchanceté ambiante. Probable. Le mauvais Internet, la télé, les journaux... Que de mauvaises nouvelles.
Ah, ce n'est qu'un téléfilm ? Ah, bon. Je ne crois pas. Il y a des gens comme Morrie. Mais ils sont tous en train de mourir. Espoir ? Il faut en avoir, sinon...
Sinon, vaut mieux...
J'ai cherché après avoir écrit ma note : Le livre existe : (en anglais) 
Tuesdays with Morrie: an Old Man, a Young Man, and Life's Greatest Lesson (Relié) de Mitch Albom (Auteur)
Dommage que l'anglais et moi... (au secours ! )
J'ai continué à chercher. Le livre existe en français : "la dernière leçon" de Mitch Albom. Chez Robert Laffont.
Merci Internet, finalement...
Encore...
Jack Lemmon a été élu meilleur interprète masculin dans un téléfilm au Screen Actors Guild Award pour son rôle dans Morrie en 2000. Il est mort en 2001 d'un cancer.
11:35 Publié dans Emotion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, philosophie, vie, mort, Morrie, Lemmon
13.08.2007
L'émotion ou bien l'humanité
En pensant à Michel Serrault qui nous a quitté, pour un ailleurs plus serein, j'ai pensé à un petit bout de journal que je faisais en 98 et qui m'était venu après le film "Nelly et Monsieur Arnaud" que j'avais bien aimé.
La solitude, ça n'existe pas....
En descendant du fameux escalier qui, de la rue "Poullic A Lor", mène au Port de Commerce, je songeais au film "Nelly et Monsieur Arnaud" que j'avais vu dimanche soir sur le petit écran.
Le sujet du film était, principalement, la solitude.
Solitude d'un vieil homme, qui n'avait pas été toujours très agréable. Ses enfants ne l'aiment guère, sa femme est partie depuis plus de vingt ans avec un autre homme.
Solitude d'une jolie jeune femme affublée d'un mari qui ne la comprend pas, qui ne fait rien de ses journées, qui ne l'attend même pas vraiment, passant son temps devant le téléviseur. Chômage oblige, si on veut......
Tout en songeant à ces solitudes qui ressemblaient tellement à la mienne, je vois un drôle de couple qui avance devant moi. Deux clochards, en fait, l'un soutenant l'autre. L'un d'eux, marchait les jambes très raides. Il s'aidait d'une canne du côté droit et le bras gauche était agrippé aux épaules de son compagnon. "L'aveugle et le paralytique" pensai-je. Sauf que celui qui servait de tuteur n'était pas aveugle, et l'autre pas vraiment paralysé.
Plus loin, les ouvriers qui réparent les véhicules de leur entreprise (ATS) avaient fait un feu dans un tonneau métallique devant l'entrée du garage. Il faisait encore très froid, et certains trottoirs étaient givrés.
Les deux "cloches" sympathiques s'approchent du feu et viennent réchauffer leurs mains et leur visage. Les ouvriers les interpellent gentiment. "C'est bon, hein ? ".
Beau tableau. J'ai raté l'occasion de faire une belle photo. ( Encore le tic du journaliste raté.)
Brest, mardi 3 février 1998.
11:10 Publié dans Emotion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note







