12.06.2008

"Pardonner à ses parents"

Lorsque ma soeur du Sud est venue à Brest, nous sommes allées dans une librairie spéciale. Plein de livres, d'objets, de musiques pour améliorer le spirituel. J'aime bien y aller pour l'ambiance.

A cause des discussions que nous avions pu avoir ma soeur et moi, j'ai acheté bêtement "Pardonner à ses parents" de Maryse Vaillant. J'ai bien du mal à le lire parce que j'ai dans l'idée que le pardon est déjà fait depuis longtemps et qu'il n'y a pas lieu d'y revenir. Je viens de relire mon manuscrit sur la maladie de ma mère (Alzheimer) et j'y dis que j'avais préféré ma mère avec sa maladie et que je ne gardais que les bonnes choses de nos relations. Toutefois, le travail de lecture est fait et je livre ci-après les extraits du livre ainsi que mes commentaires.

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"Dans la singularité d'une relation filiale, la gratitude et le pardon entretiendraient-ils des liens tels qu'on ne pourrait les dissocier ? "
C'est intéressant l'association de "gratitude" et "pardon" ce qui veut probablement vouloir dire que le pardon nécessite l'existence d'une certaine gratitude envers nos géniteurs.
Je remercie ma mère pour plein de choses en fait : choses matérielles comme sa cuisine, sa joie de vivre, son jardin, sa sensibilité. Mais je dois lui pardonner ses grands manques à mon égard, sa sensibilité par rapport à elle, son ignorance de ma personne, son manque d'intimité avec moi.
Mon père, ça va. Il a été mon meilleur ami. Bien qu'il n'ait pas pu m'aider pour tout.

"Pardonner à ses parents devient une invitation impossible, voire cruelle, pour celui qui partage avec eux le poids écrasant de l'histoire familiale. "
On peut dire ça.
Ma mère disait souvent que les enfants étaient ingrats. Je ne l'ai pas été. J'ai été sympa et dévouée, et je les ai accompagnés respectueusement jusqu'au bout de leur vie. Mais j'ai conscience que ce fut plus par devoir que par amour. L'amour doit être partagé.

Mon père m'aimait. Oui.
Ma mère m'a, parfois, admirée. Ils étaient tous deux fiers de moi.
Je ne suis pas fière de moi. Il y a un côté raté chez moi. Ne pas avoir su balayer les erreurs familiales. Pour qu'elles meurent.

" La grande difficulté qu'il y a à pardonner à ses parents est celle du recul qu'il faut prendre pour entamer la démarche du pardon. Celui qui pardonne s'extrait de la scène du drame et, trouvant un appui extérieur à son histoire, il s'autorise un acte de pensée qui donne quitus à celui qui l'a lésé. "
C'est la réponse à ma question. Comment ?

En fait, je l'ai déjà fait ce recul car j'ai écrit ma vie (enfin presque) dans un but thérapeutique psy.
Et c'est vrai que je me suis mise en dehors. Ce n'est plus moi qui ai souffert, c'est l'autre dont je parle dans mes écrits. C'était une idée de ma copine qui voulait devenir psy, que de me faire écrire.

Quelques citations du livre précité que j'apprécie :

" C'est le pardon qui sauve l'humanité de la barbarie. "

" Par le pardon l'homme domine le mal. Il crée l'humanité de l'homme. "


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Maryse Vaillant psy

04.07.2007

Un chat, deux chats, à la maison

Le temps n'est pas génial pour les sorties, mais il y a toujours une compagnie qui ne fait pas défaut.

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J'ai un chat. A une certaine époque j'ai eu un petit chat à garder, celui de ma petite fille. Le jeu des deux chats était très amusant. J'ai écrit un texte. Je le mets ici. Profitant de la bonne volonté de l'ordinateur.

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Un chat, deux chats, c’est bath.


Un chat. On dirait qu’il ne voit pas comme nous, qu’il ne comprend rien à rien… ou autrement. On peut se sentir seul, parfois, face à cette entité incompréhensible. D’autres fois, on pense à quelque chose de précis, de concret. Alors, on voit le chat agir comme s’il avait compris le sujet de la pensée. Le chat est un gardien, plus que le maître n’est le sien.
Deux chats. Un ange et un démon. Il y a toujours le raisonnable opposé à la canaille. Le regard chargé de reproche lorsque l’autre vient ronronner près d’une oreille. La main vient alors récompenser l’audacieux. Ce regard donne des regrets à l’humain et vient troubler sa conscience. Un chat quitte un coussin? L’autre s’y met, l‘air paisible. Jeu de place entre deux chats. L’un d’eux disparaît. « Mais où est-il ? » semble dire l’autre. Le démon apparaît et voici un jeu de pattes qui finira vite. La femme n’aime pas.
La femme. Le chat aime sa voix. Qu’elle gronde ou qu’elle caresse, la voix de la femme est harmonie pour le chat. Une présence nécessaire. Elle est là pour gronder la bête trop lourde qui peut faire mal au bébé chat… qui en profite.
Les chats n’aiment pas la voix qui crie: « Assez, les chats ! » Mais, lorsque la voix dit des mots tendres, tendre est le cœur du vieux chat. Il n’écoute plus qu’elle. Il ne voit qu’elle. Le reste n’existe plus. Même l’autre chat, n’existe pas.

26.09.2006

Entre nous

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J'ai connu Brest juste après la libération de la France. Née au milieu de la guerre, je grandissais dans le petit village où ma grand-mère maternelle avait vu le jour. Et puis, les alliés sont arrivés jusque dans le petit village apportant animation et joyeuse délivrance.

La famille est revenue à Brest dans son ancien quartier. Pour moi c'était une nouveauté, et Brest (la ville) était plutôt cassée. Bien que petite, trois ans passés, j'ai compati à ses blessures, ses grandes maisons mutilées, et voilà que toutes les baraques commençaient à pousser. Même à trois ans on s'accroche à la vie, assidûment.

Les années ont passé et, malgré les inévitables critiques sur la non-beauté de ce Brest reconstruit, je me suis attachée à observer les jardins qui peu à peu refleurissaient et donnaient un poumon vert à la ville. Ma ville.
Brest était encore tranquille, sans trop d'autos et pas encore de supermarchés pour dépenser. Les lumières des rues étaient encore chiches et les chemins pas très goudronnés. La terre glissante et les flaques étaient notre lot quotidien, quand il pleuvait.
En ville, les Glacis ont évolué en Liberté. Les baraques peu à peu ont été remplacées. Les grand pont a rejoint Recouvrance facilitant la communication entre la Ville et la rive droite qui avait tendance à vivre en autarcie. Les trolleys on contribué à changer cet état de fait. Tandis qu'entre le Point du Jour et les Quatre Moulins je vivais en toute liberté. Viscéralement attachée à cette rive où ont vécu nombre de mes aïeux qui ont oeuvré dans la marine ou à l'Arsenal : charpentiers marine, canotiers au port, commis aux vivres, ou gardien de vaisseau. Pas vraiment la Royale sauf mon arrière-grand-père qui fit l'Ecole des Mousses sur des voiliers pendant cinq ans. On dit qu'il fut rendu à ses parents le 20/09/1861 ayant 18 ans révolus et refusant de s'engager. Il navigua sur La Thétis, le Toulon, le Requin et la Monette du 21 mars 1856 au 20 novembre 1861. Voici pour l'histoire.

Au cours de ma vie, je n'ai guère quitté la région des Quatre Moulins, boudant un peu le fameux "Superouest" à cause de mon père qui était contre cette forme de commerce, lui, petit cordonnier.
Aujourd'hui, la ville est belle, comme la nuit à la période de Noël, ou le jour avec ses jardins toujours fleuris, ses vasques et parterres agrémentés par les jardiniers de la ville. Nos cœurs sont contents de suivre leur évolution au cours des saisons.

Je pourrais dire que je suis viscéralement attachée à Brest, comme si j'y étais née.
Il manque, peut-être, des terrasses abritées pour nos vieux os fatigués. Une pensée pour la rue Saint Malo où mes grand-parents paternels ont vécu et où mon père a démarré son métier. La rue est particulièrement abritée par les hauts murs de la prison de Pontaniou et le soleil rend cette rue un peu pareille aux rues marseillaises, pour peu que l'on y mette des fleurs et un troquet. Les maisons sont aujourd'hui délabrées, mais tout le monde peut rêver.
Les ports , de plaisance et de commerce ont été réanimés et accueillent les promeneurs du dimanche ou les retraités en semaine, les enfants pour les vacances. Les solitaires ou les vieux, aussi. Venant par les bus sympas.
Sur les quais on y voit des oiseaux, mouettes rieuses ou goélands crieurs, et l'on peut marcher sur des sentiers protégés des mauvais vents. C'est toujours pris d'autant.
On peut déguster des huîtres, des moules avec du rosé ou des bières de tous horizons. Ou bien d'eau pétillante pour les non-alcool. Les cafés sont devenus accueillants à tous, touristes ou retraités.
Le port est différent de la ville avec les bateaux, la mer aux couleurs changeantes, les voiles qui glissent sur l'eau de la rade face au Sud, à la presqu'île.

Le port de guerre est un peu délaissé des pompons rouges mais on peut regarder du haut du pont, les bateaux gris ou blancs entre le vieux château aux murailles épaisses et la tour Tanguy où le souvenir chancelle.
Les bateaux gris se font parfois une santé, tandis que les caravelles "Etoile" et "Belle Poule" nous honore d'une visite, de temps en temps. Navires écoles de la Marine qui ont vu passer beaucoup de jeunes marins.

Si on ajoute à ça, la silhouette du phare du Portzic à l'horizon, les navires et le phare se profilent sur l'image de Brest; en filigrane, certainement.

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Brest aujourd'hui, c'est fleuri : merci
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