05.11.2009

Brestoise je suis...

      Brest 2008a.jpg                                     Après avoir été à la présentation à Saint-Pierre et avoir acheté un livre  à Jean-Louis Auffret, je me suis dit :  "Zut, ce n'est pas ce livre que je voulais."   En fait, je m'y suis plongée et j'ai bien apprécié.

  Un truc m'a fait sourire c'est la fameuse phrase "Brestois je suis, changerai pas de sitôt" sous le logo moderne de la ville de Brest, un truc en forme de voile ou d'aileron de requin doublé. 

  J'avais eu un regret, c'était de n'avoir pas entendu parler de la Guinguette de Saint-Marc, mais dans le livre j'ai découvert qu'elle y était. Je ne me souviens pas qu'elle était doublée d'un restaurant (autre que la Guinguette) qui se trouvait plus près de la grève.   J'ai été deux fois dans ces lieux. Chaque fois pour un mariage. Le jour-même ou bien en retour de noces.  Ouah !  c'était super.

       Je remets mon poème sur Brest où l'on peut dire que les grands esprits se rencontrent. A vous de juger !   J'en ai d'autres...  Je m'y remettrai.

                                           

Brest, ma ville de coeur

Voici ce que je vois, du haut de mon balcon

La mer, presque la "belle bleue" au-delà des quais

Devant elle, des grues jaunes très efflanquées

En bas sous la lumière le toit d'une maison.

Je vois s'y promener souvent plus d'un pigeon

Assise au balconnet j'ai le coeur en viager

Les yeux au ciel vers les nuages si légers

Sentant monter en moi toujours même chanson :

J'ai le coeur qui éclate encore pour ma ville

Je voudrais y rester l'âme toujours tranquille

Mon ciel, mes toits, ma mer me manqueraient de trop

J'ai le coeur qui frémit, je ne partirai pas

Je resterai ici jusqu'au bout de mes pas

Brestoise je suis, changerai pas de sitôt.

 

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Le livre :  

De "Brest même"  au Grand Brest 

Recouvrance     Lambézellec   Saint-Marc    Saint-Pierre-Quilbignon      de Jean-Louis AUFFRET

14.07.2008

Brest 2008 de chez moi

Une certaine flemme ajoutée à un contretemps physique (chute dans l'escalier) qui me donne des difficultés à marcher, et je profite de la fête des bateaux de ma fenêtre ou sur Internet ainsi que dans le journal.

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Tiens, des bateaux à l'horizon ! Chouette !

Pendant que le défilé du 14 juillet se prépare à Paris, Brest se remet de sa nuit de fête avec les bateaux. Mais je n'en suis pas, car un problème de jambe m'empêche de trotter sur les quais du port. J'aurais aimé visiter la rive droite et traverser vers le port de commerce.
J'ai cherché dans mes vieux textes de quoi parler de la mer de mon enfance, et puis aussi de Brest 2004 avec mes textes du style Atelier d'Ecriture. J'aime bien.
Je regarde aussi chaque jour la vidéo d'Olivier de Kersauzon, et je le félicite pour sa simplicité et ses coups de coeur très sincères. Du coup j'ai pensé à mes textes sur la mer de mon enfance, et j'espère faire un petit recueil (pour moi) de ces petits écrits précieux sur l'approche de la famille avec la mer, les bateaux plus rarement, mais le sable, les petits coquillages, les colliers de bigornaux jaunes.
A plus... 4c18f99612d299b82a59f0b4da10555f.jpg

Marin (texte écrit pendant Brest 2004)

J’avais lu quelque part (Hugo peut-être ?) qu’un marin ayant l’habitude de vivre au milieu d’éléments déchaînés avait une force tranquille et un équilibre psychique évident.
Finalement, c’est une raison supplémentaire pour lui d’aimer perdre le nord dans des noyades alcoolisées pour cause de terre ferme. Ceci explique cela, et aussi les bordées fêtardes des marins en goguette.
Pourquoi parler de ça ? Parce que ! « Parce que » est mon nouveau mot assez inexplicatif après avoir usé le «quoique ». Voilà. Ou bien parce qu’une vague chanson de fêtards m’est parvenue, tout à l’heure, à travers mes double-vitrages, entre un bruit de voiture et un claquement de portière.
Je crois que je m’égare. Sans excuser le débordement éthylique, je comprends la chose - moi-même n’ayant pas toujours été raisonnablement sobre autrefois. Mais je ne suis pas là pour raconter ma vie et d’éventuelles turpitudes de mon passé. Peut-être est-ce la proximité des 2000 navires (à ce que je sais) dans le port et ses environs qui me guident ou m’inspirent. Peut-être. De toute manière je ne retire rien de ce que j’ai dit car je sens la douceur de cette nuit, et j’imagine tous ces gens qui dormiront dans le ventre des bateaux flottant sur l’eau près des bassins et des quais du port Napoléon III ou dans le port de guerre, fatigués de la journée et des précédentes nuits trop courtes.
Quelques craquements pétaradants des feux d’artifice ont fusé tout à l’heure,  puis se sont tus. Les bars doivent être encore illuminés, pleins d’odeurs et de musiques. Chacun oublie, dans l’ivresse des vins et de l’accordéon, ses soucis de la journée. Je ne regrette rien. J’ai ma douceur de vivre et mon oubli suave dans la chaleur de mes draps. Le chat dort à mes pieds, sa tête ronde pleine de rêves sages. Il ne faut pas le réveiller. Chut ! l’innocence sommeille.
Il est presque minuit. Tiens ! mon voisin du dessus est rentré. d572b91b880ce75fdff9efeb71ffeadf.jpg

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Avant et après Brest 2004, dans le bus :
Lundi 5 juillet. 7h55
Le chauffeur dit bonjour, ce matin, à chaque personne qui monte. Rare. L’homme est sympathique avec un visage bronzé un peu granuleux mais qui se laisse regarder.
Peu de monde. Calme est l’ambiance. La tendance est de regarder dehors. La ville paisible se réveille. Certains magasins ont des lumières pour attirer l’œil. Particulièrement les banques, guichets automatiques, vitrines encore illuminées. Tiens ! Des soldes géantes à Monoprix ! Quelqu’un y entre déjà. Portail automatique. Clic ! Clac ! Mais je ne l’entends pas.
Dans le bus tout est paisible. Une femme assise, les deux mains l’une sur l’autre sur les genoux, comme dans un tableau de… je ne sais plus. Elle a l’air serein.
Peu de mouvements. Douceur d’un lundi matin de juillet. Tiens ! Nous sommes déjà en été.
Le soleil est là, le bus traverse la ville sous un ciel bleu où traînent quelques nuages sympathiques n’annonçant rien de grave. Journée tranquille, température douce, pas de vent.

Jeudi 8 juillet. 15h
Bus bondé. Dehors, les voitures et un bus bizarre tout jaune, maquillé pour Brest 2004. On croirait qu’il est aveugle.
Il y en a un, particulièrement voyant, jaune bien sûr, décoré sur le côté avec une feuille du Télégramme parlant des bateaux. C’est énorme, effrayant. Les gens à l’intérieur, on ne les voit pas. Eux doivent voir la ville à travers la couleur jaune vif. Ça donne envie d’y aller, mais pas de chance pour l’instant, je n’en ai pas l’opportunité.
Il y a du vent, beaucoup de vent ; hier il a plu ; en une journée il a plu autant qu’en un mois a dit la météo.
Un monde fou dans le bus, mais rien ne se passe de spécial. C’est l’été sans le beau temps. A quand le prochain rayon de soleil ?
Brest est cependant prêt à accueillir les bateaux de toutes sortes. Il est certain que les marins s’en fichent du manque de soleil. Ça a toujours été comme ça les autres fois : le beau temps est arrivé pendant la semaine. C’est ça Brest !

Mardi 20 juillet. 15h45. (la fête est passée)
Une grosse pluie d’été m’incite à monter dans le bus. Beaucoup de jeunes, très jeunes, et un groupe d’enfants multicolores et joyeux. Je vois un sourire. Un de ces fins sourires narquois avec les yeux du même acabit, plissés et glissant dans une direction. Celle d’une femme assise devant moi. Je vois sa nuque. Sans être vieille elle a des cheveux blancs permanentés.
Elle se lève lentement, très lentement. Les yeux moqueurs suivent le mouvement. Je vois des pieds dans des charentaises. Elle, elle est grande et ses vêtements semblent plutôt du genre pyjama matelassé avec une veste informe de toile par dessus. Son visage blanc est impressionnant. Ses yeux presque clos et les dents cariées et ébréchées, elle semble sous l’emprise de drogues ou d’alcool, ou les deux. Elle va descendre du bus, lentement, très len-te-ment sous le regard du jeune curieux.
Il y a le meilleur et le pire dans les bus. Le meilleur étant la jeunesse, les enfants avec leurs mamans, le pire était là, aujourd’hui : la solitude paumée dans une galère sans nom. Que faire devant ça, sinon en parler ?
Triste jour. La pluie ? Pas grave.

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14.03.2008

Prose pour ma ville

Ma mémoire a du mal. Je ne sais plus si j'ai déjà mis ce texte. Mais je l'aime beaucoup, et aujourd'hui il est toujours d'actualité pour moi. C'était, il y a bien 3 ou 4 ans. Wouh, c'est vieux !

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Brest, ville sans mémoire...


Ma ville n’a guère de mémoire, pour cause de guerre assassine. On dit que le ciel fut rouge au-dessus des ruines, de sang et de douleur. Défigurée et reconstruite elle me tient par le cœur et m’empêche de partir… loin.
Au loin, au Sud-Ouest, un phare ajoute sa note marine à la cité, tandis que les ports écartés se dorent au levant, protégés des sales vents du Nord par la ville et son château imposant.

L’allure élancée de la ville se joue dans cette colonne vertébrale qui s’étire entre Strasbourg (place) et le quartier de Saint-Pierre, coupée seulement par l’Hôtel de ville aux allures de cathédrale moderne puis par ce drôle de pont levant qui enjambe la rivière glauque près des château et vieille tour. Sous le pont, les vaisseaux de la Marine Nationale sont glacés. Les vieux se laissent dire que plus aucun pompon rouge ne vient égayer la ville basse, hélas. Les navires marchands, eux, sont exilés au port levantin.
Boire un verre, par beau temps, à la terrasse d’un café tout en lorgnant le phare à l’horizon, c’est vraiment le « pied », dans cette ville où les piétons ont beau jeu d’inonder les larges trottoirs de cette rue connue de l’histoire et aimée de Prévert. Siam.
En bref, Brest. Brest au souvenir avec ses morts des deux guerres immortalisés par son obélisque plantée en bas des jeux d’eau et des jardins délicieux. Eau pure, ciel pur pour un air incomparable. Après la pluie, les nuages font des concours de beauté dans un azur insoutenable.

Dans les bus, l’horizon s’éloigne, les frontières n’existent plus, pied de nez à la future Europe.
Europe ou pas, Brest ville indépendante et fière, ville discrète derrière ses façades aux couleurs tendres pastellistes du côté de Recouvrance ou bien tous ses gris du Centre Ville qui s’illuminent dès que la nuit tombe.
Tout me parle dans la ville: Barbara, la ville la nuit avec son pont bleu et les lumières de la Liberté. Ville sans mystère, ville au bon air, ville d’eau, ville de verdure, Brest, ma ville de cœur.

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13.03.2008

Tramways d'avant

674a924b311c75619e4c994882ce1448.jpg Bien que la vue des bus brestois me fasse plaisir, les couleurs m'émoustillent car ce sont mes préférées : jaune, blanc, bleu, j'entends parler du fameux tramway qui divise déjà l'opinion des Brestois. Avant de diviser la ville par le milieu avec ses voies.
J'ai tout de même la nostalgie des trolleys, bien que l'appareillage des lignes électriques au haut des rues n'était pas sans inquiéter. Et pourquoi pas re-des trolleys ?

Bon. Des tramways j'en ai vu en Suisse, à Zurich, il y a longtemps. Et j'étais si distraite que j'ai bien failli me faire écraser. Mais, bon. Je suis toujours là.

Et puis, hier, j'ai discuté avec des anciens à peine plus âgés que moi sur le tramway, et j'ai parlé des textes récupérés il y a longtemps dans un livre sur le vieux Brest. J'avais passé plein d'heures aux Archives de la Marine où se trouvent des tas de livres sur Brest, la Marine, la Bretagne, etc...

J'envoie le texte sur le vieux train qui allait jusqu'au Conquet. Je poste :

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Le 12 mars 1903 vit le dernier voyage de la diligence "Hirondelle" qui, au départ du Conquet, gagnait Brest chaque matin pour revenir le soir. (jusqu'à la rue Algésiras).
Le 11 juillet 1903 débuta le service normal du Tram Brest-LeConquet.
Le train roulait à la vitesse horaire de 20km. Les voyageurs payaient 0,07F du kilomètre en première classe et 0,05F en seconde, des réductions étant prévues pour les noces et les voyages de groupes. Il y eut 84 757 voyageurs en 1903.
Le 12 juillet 1903. Inauguration de la ligne des Tramways électriques de Brest au Conquet.


En septembre 1902, la société des Tramways électriques du Finistère entra en action, sous la direction de M. Hérodote, déjà à la tête des Tramways électriques brestois.
Il s'agissait de construire, sous la houlette de l'ingénieur Le Calvé, une ligne métrique de 19,613km, partant de la place de l'église de Saint Pierre pour rejoindre Le Conquet en suivant la route.
Pour fournir le courant, on vit bientôt sortir de terre, à Pont-Rouhel, une usine surmontée d'une haute cheminée rouge, avec atelier, hangars, abritant la centrale et maison d'habitation.
Le 6 juillet 1903 vit la réception des travaux, et le 11 juillet 1903 vit le début du service normal du Tram Brest-LeConquet à la vitesse horaire de 20km.
Quinze départs devaient avoir lieu dans les deux sens, de 7h15 à 21h au départ de Saint-Pierre et à 7h au départ du Conquet.
Les voyageurs payaient 0,07F du kilomètre en première classe et 0,05F en seconde, des réductions étant prévues pour les noces et les voyages de groupes. Quant aux chiens, en période de chasse, ils prenaient place sur la plate-forme de la voiture.
Au début, ce fut un engouement. Il fallait voir, le dimanche, les familles brestoises prendre d'assaut le "tram'" pour se rendre sur la côte !
84 757 voyageurs furent transportés en 1903
194 501 en 1904
198 751 en 1905
210 824 en 1907.
Il est vrai que, dans l'intervalle, des améliorations avaient été apportées à la ligne. En 1904, elle avait été prolongée de Saint Pierre à la Porte du Conquet ( rue de la Porte). Un décret du 11 juin 1907 concédait le service à la compagnie pour une durée de cinquante ans, étant entendu qu'en 1952 il serait remis au département.
Par ailleurs, au grand plaisir des brestois, l'embranchement de Sainte-Anne commença à fonctionner le 5 août 1908.
Avant l'installation de la ligne des conseils municipaux des communes riveraines avaient élevé des protestations, déclarant, en particulier, que "le tramway affraiera les bestiaux errant en liberté sur les routes".
Bien sûr, il y eut des accidents - cinq en 1905, six en 1910 - surtout au début. Vaches et chevaux furent culbutés sur la voie, mais la voiture motrice écrasa plus d'ivrognes allongés sur les rails que d'animaux.
La guerre de 1914 - 1918, puis la rivalité des autocars allaient porter un coup au Service Brest-Le Conquet.
En 1919, la Compagnie déclare que "la situation est très précaire".
Un vent d'anarchie semblait présider aux voyages, comme en témoigne un rapport du 29 juin 1918 : "Les voyageurs sautent dans les voitures en cours de route; le service des employés est très difficile et, malgré leurs observations, certains s'amusent à serrer ou desserrer les freins, menaçant et même frappant nos agents. Ces incidents sont produits par des bandes de jeunes vauriens de 16 à 19 ans et par des Américains".

Et pourtant, en 1920, le "tram" transportait encore 157 040 voyageurs dans l'année.
Dans sa séance du 31 décembre 1920, le Conseil Général décida la liquidation de la Compagnie.
L'embranchement de Sainte Anne, suspendu en septembre 1918, puis rétabli en 1925, fut finalement déclassé en 1932.
A la même époque le tronçon survivant de la ligne Brest-Le Conquet disparaissait à son tour.


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J'imagine bien un tramway qui passerait par les périphériques, avec une belle vue sur les lieux intéressants. Ce pourrait être un moyen de tourisme pour tous, Brestois et non-Brestois. On peut rêver...

06.02.2008

Ateliers mémoire contre l'isolement

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C'est l'image du vieillard inconnu. Comme le soldat.

J'ai beaucoup aimé le titre de l'article dans le Télégramme de ce matin : Retraités. Des ateliers mémoire contre l'isolement.
J'étais restée coincée entre l'article de mon cher Docteur Maisondieu et la rectification du Professoir Goas sur la maladie d'Alzheimer. Et voilà que cet article me rappelle que j'ai fait l'an dernier un atelier mémoire très mémorable. Même si j'ai loupé deux ou trois séances, j'ai beaucoup aimé y aller. Fallait juste que j'ai la tête à ça, parce que c'est mieux si on peut se concentrer.

J'en ai déjà parlé dans ma note "Mémoire quand tu nous tiens" ou quelque chose comme ça, en avril 2007 dans la rubrique "ma ville". 45f04698dd0d1e7ef5b1b3b549568b17.jpg

Je recommande cet atelier parce que le problème de mémoire nous gêne un peu ou beaucoup et nous fait peur aussi, bien que quelqu'un viendra nous dire que cela n'a rien à voir avec Alzheimer. C'est quand même difficile à vivre surtout si on a eu dans sa jeunesse une excellente mémoire. D'autant plus dur. Je n'accepte pas bien le fait de ne pas me souvenir d'un mot que je connais, d'un nom que je devrais connaître de quelqu'un que je vois dans ma tête mais sur lequel aucun nom ne vient.
Dur pour quelqu'un qui fait de la généalogie. Quoique, en généalogie je me souviens de beaucoup de noms, même si je fais la généalogie de proches, normalement, je sais qui est de la famille de qui. N'est-ce pas les filles ? 7273f9954dfb8adfd7782ee9df1cac7f.jpg



Isolement. Oui, oublier cela isole. Et le fait d'être seul n'arrange pas la mémoire, parce que l'on ne pratique pas beaucoup.

Je pense que le défaut de mémoire est déjà un problème. Au lieu de s'apitoyer sur le pourcentage d'Alzheimer qu'il va y avoir dans dix ans ou vingt ans, faudrait s'attaquer déjà aux problèmes de mémoires des retraités.
C'est ce que fait l'ORB et je me réjouis que ça existe et que je l'aie fait. Il y avait justement Raymond Gaudé, le responsable des ateliers mémoire. Très sympa Raymond. Et nous étions un groupe très chaleureux bien coachés par Raymond et sa charmante co-animatrice. Christine, je crois, mais je ne suis pas sûre. J'ai oublié de noter.
Je vais vous dire. Si je pense que c'est Christine c'est qu'elle était très mince comme une Christine que je connais. J'avais donc fait la relation pour me souvenir de son prénom. Le nom de famille vient de me revenir, mais je ne le dirai pas.
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Avant de participer, la petite neuropsychologue a été adorable avec moi. J'avais peur d'avoir un mauvais résultat dans les tests (simples) qu'elle donnait. Non, pas du tout, j'étais presque excellente. En dépit du problème d'oubli de temps à autre dans ma vraie vie.

Depuis, j'ai fait plein de mots croisés, avec succès. Surtout si je suis détendue. Faut pas s'énerver, jamais.
Dans l'atelier, Je me suis aperçue que j'étais capable de mémoriser une liste de mots, correspondant à des choses connues, et de les écrire sur un papier. Souvent, j'écris dans mon agenda, mais je ne regarde pas. Je pense que je mémorise vraiment mieux.
Il y a des moments où j'en suis sûre, bien que j'angoisse toujours un peu. Je ne devrais pas. Ce n'est pas grave. Il ne faut pas être trop perfectionniste, c'est mauvais. Même chez les jeunes.

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Il n'y a pas que les femmes qui ont la tête à l'envers !

Il y a encore de la place. Faut s'inscrire à
Office des retraités de Brest
12, 14 rue Fautras
Tel. 02 98 80 30 03
Courriel : office-retraites-brest@wanadoo.fr



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Je répète. J'ai tort de m'inquiéter, j'ai tort de m'énerver, j'ai tort de ne pas être cool. Même si ma mère a fini comme une Alzheimer. J'ai tort de m'inquiéter...

20.09.2007

Rencontres dans le bus

En 2004 peut-être, j'ai relevé des rencontres dans le bus. Un peu en imitation de François Bon qui écrivit ses observations sur une aire d'autoroute. Je n'ai jamais lu le livre de François Bon. Je ne saurai peut-être jamais. Et puis, mes histoires, je les aime beaucoup. Voici la dernière rencontre dans le bus. Parce qu'elle me fut douce et charmante.

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Aujourd'hui le bus est bondé. Je vois...

D'abord un couple âgé de septuagénaires en forme. Il y a deux places dos à dos près du chauffeur. Le mari dit à sa femme où s’asseoir, la place dans le bon sens. Au bout d’un moment, la femme s’aperçoit qu’une autre place s’est libérée au même niveau et dans le même sens qu’elle. Elle l’appelle pour qu’il s’y installe. Il est grand, sec, avec une canne, mais l’air bien dans sa tête, très sérieux aussi. Elle est charmante et c’est plaisant de voir ce couple organisé et attentionné.

Je m'aperçois de la pluie dehors. Chaleur dans le bus. Chacun est prostré sur son siège. Pas de paroles. Des garçons, des filles, des hommes et des femmes de tous âges. Chacun s’économise.
Une jeune maman, debout près de la porte, cale le frein de la poussette où un petit de deux ans est assis. Il est très sage, tout fin, cheveux blonds ondulés. Ses yeux bleus regardent fixement devant lui. La mère ne lui parle pas. L’enfant semble fatigué.
Après de longues minutes, il semble s’éveiller à tout ce qui l’entoure. Il regarde partout avec son air sérieux. Un grand ado approche de la sortie, tout proche de l’enfant. Il est grand, un collier de barbe très fin, un peu artiste, de grands yeux bruns, un nez en l’air. Le petit le regarde, la bouche ouverte comme dans un bâillement prolongé.
La porte s’ouvre avec bruit. Tous descendent.
Au revoir petit ange !

Que j'aime ces repérages dans les bus, pour ces personnages... délicieux et vrais. J'adore faire ça. Vrai.

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Au revoir le bus ! Que j'aime les bus brestois avec leur flamboyante couleur jaune, et le blanc et le bleu qui me met le moral en haut. Quand on aperçoit un bus de loin, c'est super.

06.08.2007

Ah l'eau, qu'elle est bonne quand il fait beau...

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Maintenant qu'il fait plutôt beau, trop chaud dans la voiture c'est sûr, j'ai envie de parler de mer, de coquillages, de Brest et ses plages environnantes qui font partie de mon enfance. Voilà. J'avais fait un texte pour un atelier sur le net et le voici agrémenté des images qui vont avec. C'était en 2005. Le sujet était l'eau. Bon bain à tous !

"En réfléchissant bien, l’eau m’accompagna au long de ma vie et m’accompagne encore. La première, mais je ne m’en souviens plus, était l’eau en neige à l’époque de ma venue au monde. Le pays était blanc, rareté en Bretagne, mais le ciel avait voulu couvrir les effets de la guerre par un manteau immaculé. Pour se faire pardonner l’invasion allemande, en quelque sorte.
Le silence était partout, même le bruit des bottes était atténué, et le moindre son résonnait bizarrement dans l’air pur. Enfin, je l’imagine.

Mon cri a dû passer par la fenêtre de la maternité où ma mère, semble-t-il, avait fini de souffrir pour moi. J’avais quitté l’eau de son ventre pour l’air froid du vieil hospice de Morlaix. Les poêles devaient péniblement brader leur chaleur aux plus proches lits.
Heureusement que les bouillottes faisaient plus d’effet dans les berceaux. L’eau chaude a de ces vertus que rien au monde ne remplace.
Dehors, la neige et la glace - de l’eau en flocons et en cristaux - étonnante chimie de la nature.
Un jour la neige est partie, mais pas les Allemands. Mais je n’en avais cure, ni de l’une ni des autres, occupée simplement par le lait de ma mère.
Dans le village de campagne où la famille s’était réfugiée, j’ai deux ans au cœur de l’hiver et ma sœur plus grande mène joyeuse vie et fait rire avec ses réparties. Un jour, l’eau tombe du ciel sous forme de grêlons. Et ma sœur de crier :
- Du sel, du sel !
Rires. Bien sûr. On en reparla, encore et encore. Mais moi, je crois voir ma sœur courir sous la grêle, comme dans un film.

La guerre est finie, après le passage des Américains. Je dis adieu au village de ma grand-mère et… à l’eau du puits. Dangereux attrait pour ce puits d’où remontaient d’étranges odeurs de terre et d’eau glacée. Le puits de la ferme des arrière-cousins. L’eau des abreuvoirs pour les vaches. L’eau des cochons. Toutes ces eaux avaient des relents, car s'y mêlait l’odeur écœurante des betteraves cuites pour les animaux.

Arrivée à Brest, je vis la mer. Mais aussi l’eau de la Penfeld. Sur la rivière un petit pont flottant qui permettait de lier les deux rives pour les piétons voulant aller au Centre ville.
Un jeu de sauter sur les lattes de bois, de se croire sur un bateau, tandis que ma sœur mourait d’épouvante. Le « pitit pont » bougeait à ravir, mais fut inutile dès l'arrivée du grand pont construit tout à côté.
A cette époque, l’eau ne rentrait pas dans toutes les maisons et l’abord des pompes était un lieu important pour tous. Pour les adultes qui s’y rendaient avec leurs brocs pour les remplir d’eau fraîche. (Les eaux bretonnes ont figuré longtemps comme étant parmi les meilleures de France. Après celles des régions montagneuses).
Les enfants, eux, jouaient à se gicler dessus. Surtout les garçons sur les filles. Ce jeu, d’ailleurs, reste privilégié encore aujourd’hui avec les pistolets à eau. Les seules armes supportées par les non-violents comme moi.
Bonheur de jouer avec de l’eau. L’eau qui n’arrivait pas dans l’appartement par des tuyaux et un robinet. Jouer avec de l’eau, on voit même ça à la télé où des animateurs s’aspergent avec des bouteilles plastiques remplies d’eau. Mieux que les tartes à la crème du cinéma de mon enfance, j’avoue.


Et puis, arriva l’époque des sorties à la mer. On prenait le car le dimanche matin pour aller passer la journée au bord de l’eau. Près de la maison, la rade bleue en belle saison était cachée par de hautes maisons et nous n’avions pas vue directe sur elle. Nous n’avions pas non plus la curiosité d’aller la voir deux rues plus loin. C’était peut-être une trop bête mer. La vraie était ailleurs. Le car traversait la ville et prenait les routes de campagne qui mènent à la Côte-Nord du Finistère. Je ne parlais pas et vérifiais, une fois encore, que j’avais ce qu’il faut pour pêcher ou faire des châteaux de sable. Je me taisais, les yeux braqués sur l’horizon du chauffeur. C’était toujours de là que venait la première vision.
D’un coup, le cœur me manquait lorsque je voyais une bande bleue qui se confondait avec le ciel, plus clair. Je n’y croyais pas vraiment, mais il s’agissait bien de la mer. Je n’ai jamais connu de sentiment plus doux et ni plus exaltant en même temps. Et cela me remplissait d’une douce allégresse qui se commuait en folie et rendait ma tête très légère.
Et on arrivait.
Maman criait toujours en descendant du car. On n’allait pas assez vite, tellement empotées avec nos affaires de plage et de pêche. Et commençait l’apprentissage de la nage pour des filles plus marsouines que petites d’hommes. medium_sirène.2.jpg

On regardait sous l’eau et tant pis si les yeux piquaient un peu. C’est beau sous l’eau. Le sable mordoré, les petits cailloux et les jolies algues multicolores. L’eau était leur vie, aux ondines. medium_coquillages.2.jpgmedium_sirène_2.2.jpg

medium_douche_2.jpg L'eau est ma vie aussi aujourd'hui. Lorsqu'elle coule sans peine dans ma salle de bain, je pense encore au miracle de l’eau. Et lorsque, de la fenêtre de chez moi, je vois mon bout de mer si bleu, surtout quand le soleil est de la partie, c'est la mer de mon enfance qui ressurgit. Et c'est presque le même plaisir qui me gonfle la poitrine."


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25.04.2007

Mémoire quand je te tiens...

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Hier soir, l'émission sur le cerveau. Quand je n'ai pas dormi (c'est mon genre hélas) j'ai bien aimé. Sauf un truc avec lequel je n'étais pas exactement d'accord. Le fait de contrôler si une personne reconnaît ou non une personne (en photo) et, si elle nie, on peut décréter qu'elle ment. Je reviendrai là-dessus une autre fois. Si je n'oublie pas.

Je voudrais parler de mon Atelier Mémoire n° 2 qui a eu lieu lundi après-midi dans les locaux de l'ORB rue Fautras. Trouver la salle de réunion et en sortir met notre mémoire à rude épreuve. On s'en sortira, c'est sûr. Car les tests que nous avons nous font, déjà, recourir à nos propres techniques inconscientes pour mémoriser une liste de mots (donc de choses) ou bien un petit texte où il se passe des choses bien précises.

Nous avons été acceptés (masculin pluriel, il y a un homme... courageux) à participer à l'Atelier après avoir passé un petit moment avec une neuropsychologue. Bien qu'assez pessimiste à mon sujet et un peu déboussolée par la circonstance, j'ai été jugée apte à rejoindre cet Atelier. Bien m'en a pris, car j'adore.

Pendant le cours de l'Atelier j'ai entendu des cris dans la rue et j'ai eu l'intuition qu'il y avait une manif dehors. Ce matin, dans le Télégramme, j'apprends que des jeunes (300) étudiants s'en sont pris aux UMP de la ville. (J'en parlerai peut-être dans une autre note). Si je n'oublie pas.

Je ne voudrais pas livrer mes techniques persos pour mémoriser une liste de mots (figurant des choses pouvant tenir dans une pièce, donc avec un lien entre elles) mais j'étais contente. J'ai eu des oublis (peu et pas graves) mais j'ai réussi à réécrire une liste de commissions avec les quantités correctes. Oublié le melon, c'est tout.

Je pense qu'il faut être positif et savoir se réjouir de ce que l'on fait bien. On peut s'étonner soi-même. J'ai été étonnée.

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Mon canard, toujours négatif, n'en est pas encore revenu.

medium_enerve.9.jpg Faut voir, ma chère !


Je signale que l'on peut s'inscrire pour un rendez-vous avec la neuropsychologue (de charme) pour la journée du mardi 22 mai. Elle y passera la journée. Le test dira si l'on peut participer aux Ateliers ou bien si l'on doit faire un bilan approfondi avec le médecin traitant. C'est sérieux. Moi, je conseille.

Office des Retraités de Brest
12,14 rue Fautras
02 98 80 30 03
office-retraites.brest@wanado.fr

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17.04.2007

J'ai passé une douce après-midi avec vous

Je secoue ma flemme pour raconter le café-poésie d'un dimanche après-midi au Valy-Hir pour le Printemps des poètes en mars.

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La phrase a été dite par Gérard Ducos (mais si, vous connaissez. Je parle des plus de trente ans) qui a animé le café-poésie organisé par l'Atelier d'Ecriture du Valy-Hir (animé par Jean Paul Cosme qui sait donner des idées pour écrire).

Gérard chante les poésies, accompagné de sa guitare, installé sur son siège haut, avec cette année sa charmante muse qui doit être sa petite fille. Charmant tableau. J'y étais et j'ai bien aimé l'idylle entre les deux. La petite fille savait prendre des positions délicieuses, s'accrochant à son grand-père poète chanteur.

Les filles de l'Atelier ont partagé leurs oeuvres, montant sur la scène chacun son tour. Les invités aussi, pouvaient y aller. Ce qu'ils ont fait.

Il y eut le résultat d'un concours de poésies sur le thème du Printemps des Poètes de cette année. Lettres d'amour. C'était bien.

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Je dirais : à l'an prochain, si vous le voulez bien. C'est quelque chose à ne pas rater. Il y avait tant de douceur et de bonheur au milieu d'une déco du tonnerre (de Brest) et avec des gâteaux et des boissons pour le bonheur du gosier.

17.02.2007

Poésie : Quand dorment les vieux

Pour me persuader que je ne le suis pas encore, j'ai parlé du soir "quand dorment les vieux". Pendant ce temps je regarde dehors les lumières...

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J'ai ma fenêtre sur la ville
Le soir, tard, quand dorment les vieux
Je vois la mer, ses derniers feux
Le pignon des maisons rutile


Comme un tableau naïf facile
Avec l'obscurité des cieux
J'ai ma fenêtre sur la ville
Le soir, tard, quand dorment les vieux


Dans un moment de calme utile
Jouis du silence des voeux pieux
Les chats rôdant, et c'est tant mieux
Chanson du soir chanson fragile
J'ai ma fenêtre sur la ville.

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