03.04.2008
Nouvelles de moi avant de dormir
Je range, je range. Je trie. Je tripatouille. Je jette. Je garde. J’organise.
Et je trouve un cahier. Bizarre. C’est moi qui ait écrit dedans. Je ne me reconnais pas. Pourtant si. C’est corrigé, recopié, recorrigé. C’est moi, quoi.
J’ai mis un titre : « Une étoile pour éclairer mon chemin ». C’était à une époque pas très éloignée où j’avais un cahier pour écrire ce qui me passait par la tête tous les matins. C’est ça.
L’impression d’être un peu folle. Et puis, je découvre les mots, que je comprends, avec lesquels je suis encore d’accord. Bien que j’ai changé entre temps. Je m’étonne un peu, quand même.

Une étoile pour éclairer mon chemin
Besoin de toi
Besoin de vie
Je m’aime pas
Je n’aime rien
Je le sais bien
Mon ennemi
Il est en moi
Alors, pourquoi ?
Faut choisir
S’oublier un peu
Vient le désir
De faire mieux
Faire le point
Du bonheur aussi
Aimer et puis
Savoir qui je suis.
Besoin de toi
Ô mon étoile
Je serai bien
Si tu éclaires mon chemin.
Lorsqu’on s’aime réellement, qu’on s’approuve et qu’on s’accepte tel que l’on est, alors tout fonctionne dans la vie.
C’est comme si de petits miracles surgissaient de partout !
J’ajouterai que vient après, ou en même temps, l’amour pour les autres, et l’acceptation des autres. Miracles en vue, aussi.
A plus,
23:31 Publié dans philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : penser, aimer, moi, autres
04.03.2008
A l'ombre de Voltaire : la tolérance

J'avais promis à mon débitant de tabac, charmant cafetier et marchand de journaux, de venir le voir dans l'absence de fumées. Je ne fume pas, donc ma participation à sa clientèle est assez réduite, faite de timbres, de journaux quelques fois et peut-être d'un DVD occasionnellement.
J'y suis allée, juste après que la voierie ait coupé un certain nombre de tilleuls qui assombrissaient la place de mon quartier.
C'était déjà mieux. Je veux dire la place. Le café avait un rare client. Qui était une cliente.
J'ai acheté le livre sur Voltaire : Lettres philosophiques, traité sur la tolérance (et pas le contraire), et Derniers écrits sur Dieu. Cela me promettait de sérieuses prises de tête. J'en avais conscience.
Il a rigolé, le mec. Il ne croit pas aux religions. Ce qui n'est pas pareil que "avoir une vague croyance en Dieu sans pratiquer".
J'ai pris un orangina. Boisson qui me rappelle ma jeunesse. Ouais, ça existait... de mon temps. J'aimais beaucoup.
Et voilà que ce matin, en mal de lecture en cours, j'ouvre au hasard le livre. En plein sur l'intolérance. J'avais dit que j'aimais Voltaire parce qu'il était Verseau comme moi. Signe du zodiaque qui aime la liberté individuelle avant tout. Ben quoi, c'est normal, non ? (En fait, Voltaire n'est pas Verseau. C'est Mozart qui l'est. Tant pis.)
La personne cliente était aussi Verseau. On en a, un peu, causé.
J'ai toujours pensé que Voltaire était anti-religion. Pas vraiment, si j'en juge par mes essais de lecture de ce gros bouquin à l'allure indigeste.
Moi qui croyait que... je me trouve en plein dans les pages où Voltaire (mon petit chou) parle de tolérance et de Jésus-Christ. Parce que l'on a suspecté Jésus d'être intolérant dans certaines de ses paroles.
Et puis, et puis. Je pense que je pourrais citer des mots de Voltaire sur le sujet. Sans tomber dans l'ennui.

Après avoir cité et commenté quelques paraboles où l'on aurait pu voir une once d'intolérance, Voltaire dit :
"Presque tout le reste des paroles et des actions de Jésus-Christ prêche la douceur, la patience, l'indulgence. C'est le père de famille qui reçoit l'enfant prodigue; c'est l'ouvrier qui vient à la dernière heure et qui est payé comme les autres; c'est le samaritain charitable; lui-même justifie ses disciples de ne pas jeûner; il pardonne à la pécheresse; il se contente de recommander la fidélité à la femme adultère; il daigne même condescendre à l'innocente joie des convives de Cana, qui, étant déjà échauffés de vin en demandent encore : il veut bien faire un miracle en leur faveur, il change pour eux l'eau en vin.
Il n'éclate pas même contre Judas, qui doit le trahir, il ordonne à Pierre de ne se jamais servir de l'épée; il réprimande les enfants de Zébédée, qui, à l'exemple d'Elie, voulaient faire descendre le feu du ciel sur une ville qui n'avait pas voulu le loger.
Enfin il meurt victime de l'envie."

Et là, il le compare à Socrate (pourquoi pas?) qui eut une même fin consentie.
Puis : "Si Jésus-Christ sembla craindre la mort, si l'angoisse qu'il ressentit fut si extrême qu'il en eut une sueur mêlée de sang, ce qui est le symptôme le plus violent et le plus rare, c'est qu'il daigna s'abaisser à toute la faiblesse du corps humain, qu'il avait revêtu. Son corps tremblait, et son âme était inébranlable; il nous apprenait que la vraie force, la vraie grandeur, consistent à supporter des maux sous lesquels notre nature succombe. IL y a un extrême courage à courir à la mort en la redoutant."
Je passe sur la fin de Socrate et de Jésus-Christ. Voltaire termine le chapître avec :
"Je demande à présent si c'est la tolérance ou l'intolérance qui est de droit divin ? Si vous voulez ressembler à Jésus-Christ, soyez martyrs, et non pas bourreaux."
Que doit-on penser de la loi anti-tabac : Tolérance ou intolérance ? D'un côté le fumeur ôte la liberté du non-fumeur de vivre dans une atmosphère sans fumée. Et la loi, empêche le fumeur d'exercer son (disons) vice non caché. Pour vivre heureux vivons cachés. Est-ce possible de fumer sans gêner les autres ? Même les rideaux se souviennent. En attendant, les non-fumeurs devraient faire un effort et aller dépenser quelques euros dans les cafés et discuter un peu avec leur cafetier. Faut que je récidive, d'ailleurs.
Et, vive la tolérance, quoi ! Sujet pas facile, vraiment. Entre les croyants et les incroyants. Déjà ! En attendant, je lis Voltaire et je suis charmée par mon livre et ce qu'il y a dedans. "Faut lire ! " disait Dany Boon dans un vieux sketch. "Ouais, mon yeux. Je vas faire ! "













